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« MONSIEUR LE PRESIDENT (DU CRIF), JE VOUS FAIS UNE LETTRE …

In ARTICLES, SUJETS D'ACTUALITE on juin 1, 2013 at 11:40

« MONSIEUR LE PRESIDENT (DU CRIF),

JE VOUS FAIS  UNE LETTRE … »

Que vous lirez peut être, Si vous avez le temps.. Mais vous connaissez les paroles de la chanson de Boris Vian  « Le Déserteur », écrite durant la guerre d’Algérie. C’est que les désertions ne manquent pas dans notre communauté qui pourtant ne compte pas des millions de membres! Suivant ce que l’on peut personnellement entendre et comprendre lors de nombreuses interventions à Paris, dans la banlieue parisienne mais aussi en régions, plusieurs mauvais plis ont été pris ces dernières années. A votre place, et en vous félicitant de votre élection, il vous appartient d’y remédier, s’il n’est pas trop tard. Le premier, vous en êtes conscient puisque vous l’avez mentionné durant votre campagne: le CRIF n’est pas le représentant des Institutions juives de France mais de plusieurs d’entre elles seulement dont aucune ne représente pleinement la population qu’elle est censée recouvrir de son sigle. Ce n’est pas là manie de politologue mais exigence de vérité et donc de légitimité. Cependant, sur la foi du sigle CRIF, vos décisions ou vos non-décisions affectent politiquement  les Juifs de France et par conséquent  donnent à chacun d’entre eux droit de regard et de jugement sur votre action. Il ne faut pas vous gendarmer s’ils l’expriment, fût-ce avec véhémence. L’attention des dirigeants des institutions  juives françaises a été attirée depuis vingt ans au moins, et au son du « chofar », sur l’affaissement de ce niveau proprement communautaire. Le mot « communauté » est synonyme d’«ensemble humain», de valeurs partagées, de comportements convergents. A son encontre, un autre mauvais pli a été pris. Le » territoire » communautaire, pourtant réduit, semble loti et réparti entre quatre grandes organisations, labellisées « juive » ou « israélite », dont les chefs ne forment même pas un « quadrumvirat »,  homogène et efficace. La concurrence y règne,  parfois brutale, parfois pitoyable, comme ce jour qui restera dans les annales  où, à la sortie de l’Elysée, l’on a vu trois ou quatre de ces responsables se jeter littéralement les uns sur les autres pour se saisir du micro élyséen et jouer les importants auprès de l’opinion publique communautaire et extra -communautaire. De même, il serait utile de repenser ce fameux «  dîner du CRIF » qui a perdu les dimensions de ces débuts pour devenir un spectacle politicien et mondain mais démesuré qui donne une image fallacieuse du pouvoir réel de notre communauté, notamment auprès des organisations musulmanes qui n’ont de cesse que d’en faire autant, sinon plus. La plupart du temps les allocutions qui y sont prononcées n’engagent que ceux qui les écoutent, le temps qu’ils restent à table. Durant la guerre, et au lendemain de celle-ci, le CRIF a incarné une espérance : compenser le faible nombre, au sens démographique, de la communauté juive par son «  coefficient historique » et surtout par son exemplarité morale et sa force de rassemblement. Il justifiait amplement son appellation. Depuis, par suite des concurrences égologiques, de la récurrence des problèmes posés mais qui ne trouvent toujours pas de solution véritable: l’antisémitisme, l’antisionisme ; de la liquéfaction, ou peu s’en faut, des organisation  étudiantes et des mouvements de jeunesse ; par suite de la scission des uns, de la bouderies des autres, du carriérisme de quelques autres encore pour qui le militantisme communautaire est un marchepied vers de plus hautes ambitions, l’énergie de ses présidents successifs, quels qu’ils soient, se dissipe dans la préservation des équilibres strictement internes de l’institution concernée. Au début d’un troisième mandat, vous ne pouvez l’ignorez et sans doute avez vous décidé  de vous représenter à cette charge parce que vous vous estimez en mesure de parer à ces maux, d’effacer enfin ces mauvais plis. Il est temps, grand temps de vous y attacher. Contrairement à ce que donnent à croire des publicités redondantes, tous les Juifs de France pas assujettis à l’ISF. Nombre d’entre eux sont dans la peine et dans la misère. Dans certaines communautés de banlieue, l’Islam radical milite aux portes des synagogues. Il ne faut plus que le CRIF apparaisse comme une institution parmi d’autres. La politique est chose sérieuse. Le dévouement du «kahal»,  pour employer ce terme biblique magnifique, est également indéfectible lorsqu’on sait le solliciter. Je ne forme alors à votre intention qu’un seul  vœu : que vous le retrouviez.  Ce serait le début de la vraie réussite.

Raphaël Draï

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