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LE MALIN ROHANI ET OBAMA L’AMBIGU (Actu J – Octobre 2013)

In ActuJ, ARTICLES, SUJETS D'ACTUALITE on octobre 15, 2013 at 9:21

Après trois décennies de rupture, la communication entre Washington et Téhéran est rétablie. L’administration Obama est persuadée que c’est le meilleur moyen de mettre un terme à la fabrication de l’arme atomique par l’Iran. Or la République islamique s’est dotée d’un nouveau président qui semble rompre, au moins dans la forme, avec les outrances goebbelsiennes de son prédécesseur, Ahmadjinedjad. Hassan Rohani a reconnu, dit-on, le fait même de la Shoah. Par suite, ce n’est pas la civilisation de Martin Buber et d’André Chouraqui qui refuserait ses chances au dialogue. Seulement, il s’agit de ne pas se tromper d’interlocuteur. Le système politique iranien comporte deux visages: le visage d’apparence, celui que peut revêtir le président en fonction, et le visage réel: celui du véritable maître de l’Iran: le guide Ali Khaménei. C’est de lui que viendra, si elle existe, la volonté décisive de mettre un terme ou non au programme de l’«Iranium», quelle que soient les évolutions de la société civile iranienne. Pour l’instant la poupée du Ventriloque suprême prononce le mot «diplomatie». Faut-il la  croire sur parole? Les réactions de la «rue» iranienne ne sont pas enthousiastes et nous laissent dubitatifs. D’ailleurs, qui se trouve à l’initiative de ce changement? L’Iran ou les Etats Unis? A moins qu’il s’agisse d’un mixte, les pigeons voyageurs des deux pays se croisant dans les cieux orientaux? Supposons que l’initiative vienne de l’Iran qui ne peut endurer plus longtemps ce qu’il est convenu d’appeler les «sanctions internationales», lesquelles, à l’évidence, n’empêchent pas la prolifération de ses usines  atomiques, surtout les secrètes: la démarche reste à clarifier. Cause ou effet, le lien apparaît patent entre la crise syrienne et ce changement d’attitude. Les maîtres de la République islamique ont-ils perçu la force dissuasive de l’Occident sous leadership américain, lui même sous présidence démocrate, ou au contraire sa faiblesse? Après les menaces qui l’ont visé, Bachar El Assad, soutenu de manière indéfectible par son allié principal: la Russie de Poutine, est toujours en place. Il a même atteint l’un de ses objectifs vitaux: gagner du temps. Tant que l’affaire syrienne restera cantonnée au Conseil de sécurité, le chef des Alaouites ne verra pas blanchir sa chevelure. Pour cet autre allié de Damas qu’est Téhéran, pareille politique est on ne peut plus payante. Tandis que les négociations s’engagent selon la fameuse «stratégie des petits pas», le temps s’écoule et les usines continuent de marcher à plein régime. L’essentiel est de gagner quelques années encore. C’est en ce point qu’il faut s’interroger sur  Barack Obama, sur son idéologie, sinon sur son équation personnelle. L’on aurait tort d’imaginer que les feuillets de son fameux discours du Caire ont été emportés par le vent. Barack Obama est un pacifiste, ou s’est construit une image conforme à cette idéologie. Il est convaincu que la guerre ne vaut qu’à titre de menace. Ce serait se déjuger intimement que d’y recourir vraiment. Certes, ses dilemmes diplomatiques ne sont faciles à résoudre. Au début de son premier mandat, il a cru pouvoir imposer ses vues au gouvernement Netanyhaou. La bévue n’a pas été pour rien dans sa déculottée de 2010 aux élections législatives dites à «mi-mandat». Il lui faut donc affirmer le soutien indéfectible des Etats-Unis à l’Etat d’Israël tout en savonnant la planche à son gouvernement actuel, encouragé dans la communauté juive américaine et en Diaspora par les «pacifistes»  de J-Street  et leurs émules. Cependant, la  motivation idéologique n’est pas exclusive. Tout être humain à son histoire singulière et son équation personnelle. Barack Obama l’a raconté dans son autobiographie si bien intitulée: «Les rêves de mon père». Le président américain est lié à l’Islam et à l’Afrique. Toute guerre dans cette direction comporterait pour lui un impact quasiment parricide. En cas de crise, il lui faudra toujours trouver d’autres voies que celles du passage à l’acte. Si cela se conçoit humainement, l’on ne saurait confondre psychanalyse et politique, pas plus qu’en sciences naturelles il ne faut  confondre les couleuvres et les vipères. Dans un univers qui fait de l’«empathie» son fond mental, le gouvernement d’Israël ne peut donner le sentiment qu’il rejette le dialogue par principe. Il lui faut simplement être au clair avec ses propres lignes rouges. L’existence d’une nation est en jeu. A la Tribune de l’ONU Benjamin Netanyahou ne l’a pas envoyé dire. Les véritables hommes d’Etat doivent savoir prendre date.

Raphaël Draï zal, Actu J le 4 Octobre 2013

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