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Bloc-Notes: Semaine du 23 décembre

In BLOC NOTES, SUJETS D'ACTUALITE, Uncategorized on janvier 2, 2014 at 12:03

24 décembre

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Une fois passée la trêve des confiseurs, le dernier avis du conseil d’Etat concernant l’accompagnement des enfants à l’école par des parentes musulmanes voilées va soulever  plus que des commentaires érudits ou pinailleurs dans les Facultés. Il faut noter que cet avis a été sollicité par le Défenseur des droits qui n’y voyait plus très clair. Où commence et où s’arrête le territoire scolaire en principe «sanctuarisé», au sens laïc du terme? Si un élève n’a pas le droit de pénétrer dans une école publique en arborant les signes religieux de sa confession, une sienne parente est elle autorisée à le faire, et cela, pourquoi pas,  jusqu’à la porte  de la classe? Le Conseil d’Etat est d’avis que le principe de neutralité qui s’impose aux agents du service public ne s’impose pas à ses usagers. En droit strict et statique, il n’a pas tort mais qu’est-ce que le droit «strict»? Et peut-on concevoir raisonnablement de canoniser la dichotomie entre agents et usagers dans un pareil contexte? Ne faut-il pas, en ces périodes troubles, lorsque l’appartenance confessionnelle risque de se dévoyer en prosélytisme, envisager le service public comme l’ensemble insécable constitué par les agents qui y opèrent et ceux qui en usent? Peut- on concevoir un service public digne de ce nom dans lequel les agents n’auraient cure des usagers ou dans lequel les usagers  se comporteraient comme dans leur lieu de culte? Le principe de neutralité invoqué en «strict» droit administratif n’est qu’une déduction d’un autre principe, d’un niveau sans doute supérieur: celui de laïcité, inscrit explicitement dans la Constitution et par lequel le République françaises s’identifie. Une fois de plus  la question de la propagande islamique en France est posée dans des termes qui ajoutent à la confusion ambiante.Il n’est pas question de juger de la manière dont les uns et les autres s’habillent ou s’affublent mais pour une femme  se couvrir de la tête aux pieds: foulard  – scaphandre, doudoune-bibendum, pantalons et socques hermétiques, est-ce seulement se vêtir pudiquement ou se couler dans une sorte de combinaison physiquement et mentalement isolante? L’idée que l’on se fait de l’espace public est indissociable de celle que l’on se forge de la République et de la démocratie. Il est vrai que le Conseil d’Etat s’en remet aux chefs d’établissement pour faire respecter la conception démocratique de l’espace public scolaire mais l’on voit mal comment Mr. le Proviseur ou Mme la Proviseure pourra  interdire quoi que ce soit à une mère voilée qui brandirait de la main droite la photo de Cheikh Yassine et de l’autre l’avis du Conseil d’Etat.  C’est à l’usage que l’on vérifiera si l’avis de l’éminente assemblée a été d’une part de bon conseil et d’autre part utile à la consolidation de l’Etat… de droit. Réponse, au moins partielle, aux municipales et aux européennes.

26   décembre.

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Le Président Hollande semble d’un naturel heureux. S’il ne prend pas ses fonctions à la légère, il  ne se prend pas trop au  sérieux non plus. D’où sa propension parfois incoercible aux «vannes» et aux blagues dans des  circonstances où il faut savoir garder ses distances, quitte à pouffer de rire ensuite dans les toilettes de l’Elysée. Sa blague sur Manuel Vals « revenu sain et sauf d’Algérie, ce qui n’est pas peu dire » lors de la réception officielle des membres du CRIF au palais présidentiel a vite fait de voler jusqu’à Alger où elle n’a pas fait se fendre tout le monde. Au contraire. D’où les « contre -vannes » et les protestations indignées en réplique d’outre-Méditerranée, avec la circonstance aggravante, selon la presse arabophone du pays, que l’Algérie a été moquée devant des « Juifs ». Au point d’en oublier la propension non moins avérée des algériennes et des algériennes à l’humour décapant  ou à la dérision dont ses propres pouvoirs publics ont appris à s’accommoder depuis que les années 90, sous les auspices du GIA, ont fait grimper les barèmes du goût de vivre et ont rappelé les effets salutaires du mot d’esprit dans ses relations avec l’inconscient. Pourtant si notre François Hollande national manifeste par ses blagues à deux centimes d’euro la nostalgie de ses années-potache, on  ne va pas en faire, c’est le cas de le dire, un fromage. Il lui faut juste reprendre un petit coup de sérieux compassé, qu’il repense par exemple  à la fameuse courbe du chômage  qui répugne à s’inverser sauf lorsqu’elle est calculée par trimestre, en en déflaquant des brassées de vrais chômeurs, les chats siamois et les veuves joyeuses. Question de bibliographie et de moment opportun! Si le Président veut alimenter sa verve, qu’il lise Alphonse Allais ou l’Almanach Vermot. S’il entend recouvrer la mine grave, il ne reste plus qu’une solution mais radicale –  à part se replonger dans les statistiques de l’INSEE: penser au retour de Nicolas Sarkozy.

27 décembre.

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Les romans très longs ne sont supportables que si leur héros principal l’est aussi. Demeurer durant prés de 900 pages dans la promiscuité d’un benêt ou d’un demeuré reste possible à condition qu’ils s’agisse du prince Muichkine dans «L’Idiot».Les mille et quelques pages des « Misérables » ne se traversent qu’en compagnie de Jean Valjean et en portant Marius sur nos épaules dans le réseau des égouts de Paris. Au bout de la 300ème page la question se pose pour le sous-lieutenant au 27ème lanciers Lucien Leuwen. Et Stendhal ne nous rend pas la tâche facile. A la 301ème, la question  devient lancinante: ne faut-il pas planter sans préavis, dans le  Nancy de l’époque, ses rues cloacales et ses  aristocrates ennuyées, ce jeune militaire désoeuvré dont le père paie à pleine Bourse les frais de son tilbury, les escapades transgressives et la complaisance de son Ministre? Et puis, page après page, l’on arrive au terme de ce roman inachevé, en regrettant qu’il le soit mais pas complètement puisque dans le texte finalement publié il est loisible de suivre les annotation de Stendhal, la manière dont il se juge écrivant et juge ses personnages, les situations où il les plonge, les dilemmes où il les enferme,  sans parler de ses stratagème enfantins pour détourner les foudres d’une éventuelle censure, lorsqu’il déguise le nom de Guizot sous celui de Zogui!  Reste le style qui reconstitue celui des hommes et les femmes d’esprit de l’époque Louis – Philippe, tout en finesses assassines, en circonlocutions retorses, en sinusoïdales  qui dissimulent le coup de grâce, porté avec une exquise courtoisie et le sens dentellier de la nuance. Du grand art! La scène au cours de laquelle Mme Grandet étouffe de ses propres mains sa morgue sous l’aveu de son amour coupable est un morceau d’anthologie. La fin- provisoire – du roman ne fait plus regretter ce long compagnonnage: la façon dont Lucien Leuwen affronte la ruine imprévisible de son père, la fortitude blessée de sa mère sont de Corneille. Il aura ainsi fallu près de mille pages pour que le freluquet au cheval de luxe se mue en homme droit qui sache  fixer dans les yeux la tête de Méduse. Et l’on restera sur sa « fin », chacun imaginant  à sa façon la suite du parco.

RD

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