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LE SENS DES MITSVOT: REEH

In Uncategorized on août 21, 2014 at 11:00

« Tu ne mangeras pas d’aucune chose abominable. Voici les animaux dont vous pourrez manger (…) tout quadrupède qui a le pied corné et divisé en deux ongles distincts, parmi les animaux ruminants vous pouvez le manger » (Dt, 14, 3 à 6).

Traduction du Rabbinat.

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Ces prescriptions qui concernent l’alimentation du peuple sinaïtique sont également de celles qui sont péjorées sous le qualificatif de ritualistes, comme si elles renfermaient le peuple d’Israël sur lui même et lui interdisaient toute convivialité avec des peuples autres.

En réalité, il n’est aucune collectivité humaine qui ne s’impose des régulations spécifiques dans ce domaine, que ces collectivités se veuillent confessionnelles ou agnostiques. Les musulmans s’interdisent la viande de porc et les boissons alcoolisées; les catholiques restreignent leur alimentation lors de la période du carême, les bouddhistes en principe ne mangent pas de viande, et que dire des adeptes de la nourriture bio… Les règles de la cacherout – puisqu’il s’agit d’elles ici – doivent être comprises selon leur intentionnalité profonde.

Depuis qu’il a été situé dans le Jardin d’Eden, l’Humain a le droit de consommer de tout ce que ce lieu produit. Il lui est interdit de procéder à des mélanges confusionnels qui lui feraient perdre de vue l’origine même des aliments qu’il est amené à consommer. L’alimentation humaine est celle de créatures douées de pensée. Aussi, pour autant que l’on s’autorise à manger de la viande, celle-ci doit provenir d’animaux qui incarnent si l’on peut dire cette aptitude. C’est pourquoi il est interdit de consommer de la viande provenant d’animaux ou d’oiseaux de proie, qui déchiquettent celle-ci. Les animaux permis devront être domestiques, autrement dit rendus le plus proche possible de l’humain, ensuite herbivores mais surtout ruminants. Car il se trouve bien des animaux qui se nourrissent d’herbe ou de racines végétales mais qui ne ruminent pas.

Qu’est ce que la rumination? L’équivalent physiologique de la pensée. Un animal herbivore ruminant n’avale pas sa propre nourriture d’un seul coup, d’une seule bâfrée. D’abord il l’introduit dans son orifice buccal où elle subit une première élaboration. Ensuite, il l’introduit dans son tube digestif lequel comporte une panse dans laquelle la nourriture initialement ingérée subira une seconde élaboration. Après quoi, la nourriture ainsi transformée, sera régurgitée avant que d’être définitivement absorbée par l’estomac.

Il n’en va pas autrement de la pensée humaine. En tant que telle la pensée n’est jamais impulsive comme l’est le passage à l’acte. Elle opère en trois temps. Le premier sera celui de l’information, de la prise de connaissance des données initiales d’une situation ou d’un cas. Le second temps sera celui de l’élaboration réflexive. Les données initialement perçues seront confrontées avec d’autres données, d’autres concepts qui en feront paraître soit le caractère ordinaire, soit la plus-value de sens. Enfin, une fois ces deux phases achevées, le processus se consolidera dans celui d’une véritable connaissance, exhaustive et assurée, en vue d’une transmission.

C’est pourquoi les animaux concernés devaient présenter une autre caractéristique: être dotés de sabots certes mais de sabot fendus. Cette dernière caractéristique appellerait bien des commentaires. On retiendra pour conclure sa signification principale. Le sabot est cela qui termine le pied, l’organe de la locomotion, donc du mouvement. Dans la pensée biblique, un mouvement n’est jamais réductible à un déplacement strictement physique. Il est la forme que prend le comportement, autrement dit la conduite orientée, laquelle se confronte toujours à des choix lorsqu’elle arrive à des carrefours, à des bifurcations. Au lieu de s’en étonner il faut plutôt considérer que même les animaux ne sont pas des automates. Est-il nécessaire de rappeler le précédent de l’ânesse de Bilaâm lorsque celui-ci la forçait à s’engager dans une voie contre-nature?

Il faut réfléchir à ces principes vitaux que l’écologie contemporaine découvre ou redécouvre mais sans toujours les rapporter à leurs sources originelles.

 

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