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BLOC-NOTES: SEMAINE DU 22 SEPTEMBRE 2014

In Uncategorized on octobre 5, 2014 at 2:17

23 septembre.

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C’est fait! Nicolas Sarkozy est réellement de retour et il a choisi une chaîne du service public afin de répondre comme il se doit à toutes les questions que le journaliste qui devait lui faire face avait choisi de lui poser. Rien ne lui sera épargné mais avec une si grande courtoisie que parfois l’entretien confinait à l’amicale conversation au coin du feu… L’ancien président de la République, un peu tendu au début, souvent les lèvres serrées, répondra sur une partie de son bilan – qu’on se souvienne de la crise planétaire des années 2008 et 2009 – mais surtout sur les « affaires » qui s’attachent à son nom, et en dernier lieu l’affaire Bygmalion dont il affirme n’avoir rien su, ne rien savoir et n’en vouloir rien savoir puisqu’elle ne le concerne pas… La démonstration est parfois convaincante, parfois apparaît auto-justificatrice. Nicolas Sarkozy sait comment il faut avancer les poings devant une caméra pour donner l’image d’un surgénérateur d’énergie et non pas celle d’un bagarreur de bistrot. Il n’épargne aucunement son successeur qu’il ne cesse d’appeler « monsieur Hollande » alors que celui-ci l’avait ménagé lors de sa dernière conférence de presse. A coup sûr la gauche ne tardera pas à taper sur le même clou: « Le personnage n’a pas changé. Caractériel et hâbleur. Sa défaite de 2012 était largement justifiée ». Chacun est dans son rôle, avec cette observation cruciale qu’il ne faut pas hésiter à souligner, quitte à se répéter: la France de 2014 n’est pas celle de 2012. Depuis deux ans et demi la situation économique, sociale et morale du pays s’est profondément dégradée. L’Etat ne sait plus où se tourner pour trouver les milliards d’euros qui creusent la dette globale de la France à la limite de son PIB et la font concourir dans l’arène internationale avec des chaussures de plomb. Toutes les professions dites « réglementées » vont massivement manifester. Les pilotes d’Air France font aussi reculer le gouvernement, pour ne pas dire qu’ils le font capituler. D’où ce jugement: la France n’est pas réformable. En tous cas pas suivant ces voies et par ces procédés. Un Etat aboulique et sans crédit moral ne peut pas au surplus donner le sentiment que sa politique fiscale et économique confine au rackett. Les partisans tutélaires de cette politique de déréglementation se disent de « gauche » mais ils veulent surtout faire affluer les fonds internationaux dans ce secteur d’activité. On découvre ainsi l’existence d’une gauche hybridée, d’une «gauche capitaliste ». Bien malin qui s’y retrouvera! Durant son intervention l’ancien président n’a cessé d’en appeler aux entreprises comme à l’instance du salut. Comment leur rendre confiance dans ce régime confusionnel qu’est devenu la Vème république? Les adversaires de Nicolas Sarkozy dans son propre camp le savent et oeuvrent à son éjection pure et simple du champ de courses. Ils sentent que l’alternance, autrement dit le Pouvoir, est à portée de main encore que l’avenir par essence n’est à personne. Le Pouvoir, cette drogue dure… Les semaines et les mois qui viennent auraient mérité d’être par avance qualifiées de « palpitants » s’il ne s’agissait que d’un spectacle. Lorsqu’un Etat se discrédite et qu’une société civile se démantèle, il devient difficile de résister à l’air contagieux de l’époque. Le propre des désastres est d’être fascinants. Y résisterons nous?

24 septembre.

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Enfin, les Etats Unis ont commencé à bombarder les positions de « l’Etat Islamique » en Irak et même en Syrie. La seule question qui se pose: n’est-il pas trop tard? Les forces du calife sanguinaire El Baghdadi n’ont-elles pas eu le temps d’anticiper des frappes de cette sorte et d’y pallier par des changements de position tout en essayant de transporter les actions de guerre sur le territoire des ennemis ou de leurs alliés et partenaires? On l’a vu avec l’enlèvement en plein territoire algérien d’un malheureux guide de montagne français, venu randonner en Algérie pour découvrir les paysages de la Kabylie. Quoi de plus pacifique, de plus inoffensif, politiquement et militairement, qu’un promeneur quinquagénaire pour qui les frontières n’ont pas de sens, qui cherche à établir le lien humain le plus fort et le plus désintéressé avec des populations qui ne sont pas de son origine et qui ne pratiquent pas ou plus sa langue nationale? Le commando qui a enlevé Hervé Gourdel avait fait serment d’allégeance au calife – boucher et juré d’appliquer ses méthodes. Hervé Gourdel a donc été décapité. Rien de moins. La peine de mort lui a été appliquée pour ce qu’il était censé incarner: un citoyen français, membre d’une nation en guerre « contre l’Islam » et pour lequel une leçon de terreur devait être administrée. A L’Assemblée nationale majorité et opposition ont fait bloc. « L’Etat islamique » essaime partout où il trouve à recruter des candidats au djihad. Telle est l’une des raisons pour lesquelles l’Etat français doit rapidement recouvrer son autorité, politique et morale. Il est difficile d’un côté de faire les choux gras de la presse people et de l’autre scruter des images satellites pour localiser les forces du calife exterminateur avant de faire décoller les « Rafale ».

28 septembre.

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« Les carnets de la drôle de guerre (septembre 39 – mars 1940) » de Jean -Paul Sartre. La lecture est de nature à dissuader les lecteurs non-inconditionnels de ce grand esprit ou les amateurs de littérature « facile ». Et pourtant le projet reste attachant. On y suit le « soldat » Sartre esquisser après « La nausée » qui a fortement contribué à sa notoriété les lignes principales de son oeuvre philosophique à venir. Il l’est surtout en raison de l’entreprise même que représentent ces carnets pour un homme de 35 ans, jeté dans la guerre et qui tente de comprendre avec tous les moyens de son intelligence, confortés par l’enseignement antérieur de Normale Sup, ce que signifie cette « situation »; pourquoi dans de pareilles circonstances l’on ne saurait être autre chose qu’un objet décérébré. Jean-Paul Sartre n’a pas choisi la guerre ni la mobilisation personnelle qui s’est ensuivie mais il s’y trouve plongé. Est-il possible de sortir de cet état – chose parmi les choses – en tentant au moins de comprendre pourquoi l’on s’y trouve, inerte et subordonné à une hiérarchie qui s’imagine commander aux événements alors qu’elle en est déjà le jouet? Une bonne introduction pour mieux comprendre à notre tour pourquoi un esprit aussi prometteur et qui s’est individuellement préservé est tout de même resté aux marges les plus externes de la Résistance, ce qui ne l’empêchera pas d’écrire des articles flambants sur la libération de Paris.

RD

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