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BLOC-NOTES: SEMAINE DU 12 OCTOBRE 14

In Uncategorized on octobre 29, 2014 at 11:37

 12 octobre.

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Depuis quelques jours il n’est question que de « réformes ». Le président de la République et son Premier ministre veulent prouver qu’ils existent, que les sondages proches de zéro ne signifient rien, que la voie vers 2017 reste ouverte. Alors ils réforment, autrement dit, ils prennent ce qui existe et le repeignent aux couleurs de leurs désirs sans que les intéressés ne s’y reconnaissent et ne s’y retrouvent. Des réformes, ainsi entendues, il n’en manque certes pas depuis les charcutages fiscaux jusqu’aux manipulations relatives aux allocations familiales. Le principe de la « réformite » est on ne peut plus simple: il faut prendre aux uns (de plus en plus pompés dans les classes moyennes « supérieures ») pour distribuer aux autres et anesthésier les ressentiments. Dans le commerce privé cela se nomme « de la cavalerie ». Y recourir n’est ni de bon aloi ni un présage heureux. Pourtant est-il possible de procéder autrement? Comment agir sans croissance? Mais à qui ou à quoi imputer cette asthénie? Le gouvernement Valls multiplie les déclarations d’amour en direction des entrepreneurs sans comprendre que la libido des entreprises, petites, moyennes ou grandes, a pour seul stimulant le profit. A ce mot tous les «frondeurs» et assimilés dégainent leur sabre et brandissent la menace de l’abstention lors du vote sur le budget du pays. Pour l’instant le gouvernement est passé entre les gouttes. Jusqu’à quand? François Hollande louvoie et louvoyant il se fourvoie. Il n’est pas de jour sans qu’un ancien de ses ministres ou que l’un de ses ex-collaborateurs ne lui donne le coup de pied de l’âne. Le président de la République se trouve à mi–mandat mais le post-hollandisme est dans les têtes, inspire et envenime même les jugements au jour le jour et les stratégies qui se fomentent pour dans deux ans et demi. Les réformes, ou ce qui passe pour tel, en pâtissent puisque les acteurs sont convaincus que la pièce sera retirée de l’affiche incessamment. Si François Hollande parvenait à redresser une situation aussi calamiteuse, pour sûr il mériterait d’être réélu, à condition qu’on le souhaite dans son camp. De Lille, Martine Aubry joue de la sarbacane au curare tout en jurant ses grands dieux qu’elle souhaite la réussite du quinquennat. Que serait-ce si elle travaillait à saper ce qu’il en reste! Que décidera finalement Bruxelles? Est-ce tellement sûr que le budget français déjà voté par l’Assemblée nationale ne sera pas «retoqué»? Il y faudra beaucoup d’astuces. A droite, Nicolas Sarkozy poursuit ses rencontres et meetings sans que les médias n’en répercutent les échos. D’où, entre autres, ce sentiment de vacuité que l’opinion publique traduit par ses votes protestataires ou par de forts degrés d’abstention. L’avenir se profile difficilement entre Martine et Marine. Mais qui parmi les parlementaires PS est partisan d’une dissolution? Le thème du «suicide» est à l’ordre du jour parmi les publicistes en vogue. Il semble que les dits parlementaires n’en soient pas de chauds partisans. Faudra t-il opter entre le Titanic et le radeau de la Méduse?

13 octobre.

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A coup sûr l’Allemagne d’Angela Merkel n’est pas un partenaire commode mais il faut se demander si un pareil partenaire, exigeant et structurant, n’est pas de loin préférable à une nation molle, prête aux collusions et aux combinaisons palliatives mais destructrices. Il faut mesurer le parcours de l’Allemagne depuis 1945, comprendre comment le post-hitlérisme y a été combattu et pour l’essentiel vaincu; comment peu à peu le modèle allemand est devenu modèle de référence et le mark monnaie solide avant le passage à l’euro; et comment malgré de gigantesques difficultés et en dépit d’inévitables erreurs la réunification a réussi. Tout cela ne s’est pas accompli tout seul et en un jour. D’Adenauer à Merkel en passant par Kohl et Schröder, il aura fallu bien de l’esprit de suite, des principes intangibles et du pragmatisme. En dépit de son histoire infernale, l’Allemagne est sans doute le pays où la démocratie qui s’y exerce est la plus consensuelle du monde occidental. Pourquoi lui faire grief de sa constance au lieu d’en prendre leçon?

18 octobre.

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La Révolution française a fait l’objet d’une multitude de recherches, d’ouvrages savants, de romans, d’histoires parfois antagonistes. Il est vrai que son cours à de quoi provoquer l’étonnement des esprits les plus blasés. Comment passe t-on de la réunion des Etats généraux au printemps 1789 destinés à renforcer la Monarchie en faillite financière à la décapitation de Louis XVI puis à la Terreur? Il ne manque pas de personnages clefs, de personnalités décisives pour l’expliquer. C’est au personnage de Robespierre que le psychiatre et psychanalyste Jean Artarit s’est attaché dans un livre récent et impitoyable pour mettre en évidence les ressorts criminels inconscients de « l’Incorruptible » et la face cachée de ses invocations de plus en plus fanatisées à la Vertu et à la Pureté tandis que le « peuple » était érigé en Totem sanglant. On sait que Robespierre finira lui même décapité dans des conditions atroces, sans aucun procès, happé par le système qu’il avait construit de ses mains. C’était le 10 Thermidor an II, soit le 23 juillet 1794, un an et demi à peine après le supplice de Louis Capet et la parodie de procès qui l’avait précédé, malgré la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

RD

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