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ANALYSE D’UN MIRACLE ( SUITE ) – Actu J – Avril 2013

In Uncategorized on novembre 1, 2015 at 12:04

« Analyse d’un miracle » est le titre d’un livre qui a fait date d’Arthur Koestler consacré à la naissance de l’Etat d’Israël. Qu’est ce qu’un miracle? Un événement qui outrepasse les lois de la nature. Qu’est-ce que la nature en matière politique? La statistique. Statistiquement parlant, après sa destruction par les armées de Titus, l’équivalent en ce temps de l’Etat juif était voué à la disparition complète, dans l’impossibilité, méthodiquement organisée par la puissance romaine, de se reconstituer jamais. D’où la subrogation du nom de Palestine, récurrent jusqu’à nos jours, à celui de Judée. Presque deux millénaires plus tard, en 1948 de l’ère chrétienne et la Rome de César se survivant seulement à titre fantomatique, l’Etat d’Israël ressuscitait miraculeusement puisque sa (re)création déjugeait les supputations de la statistique théologiquement puis idéologiquement interprétée. Cependant, si un miracle transcende les lois naturelles, il ne les méconnaît pas. La résurgence de l’Etat d’Israël ne se comprend pas sans l’improbable rencontre de deux trajectoires temporelles. La première est relative à l’histoire spécifique du peuple juif, lequel malgré les vicissitudes et les persécutions, n’a pas renoncé à son être ni abandonné l’espérance de recouvrer un jour sa pleine souveraineté. Au cours des siècles, sa liturgie, son droit, son éthique, sa littérature en témoignent même si en chemin il y eut beaucoup, beaucoup trop de déperditions et de reniements. L’essentiel avait été sauvegardé d’une identité persistante qui attendait pour se rétablir son croisement avec une autre trajectoire: celle de l’Histoire mondiale. Cette trajectoire commence de se dessiner aux XIXème siècle avec la promotion du principe nationalitaire contre les Empires et les tyrannies. Durant la seconde guerre mondiale, la guerre des dits Empires leur fit chercher des coalitions et des concours qui permirent au mouvement sioniste mondial, créé à Bâle en 1897, de faire prévaloir ses vues selon les trois orientations capitales de Herzl: dans le respect de la légalité internationale; sans céder sur la localisation géopolitique du futur Etat au Moyen Orient; tout en veillant à l’expression de l’ensemble des sensibilités du peuple juif. L’histoire de cette période est trop connue pour qu’on y revienne. Enfin, en 1948, l’Assemblée générale des Nations Unies vota en faveur de la création d’un Etat, seul de son genre et aussitôt qualifié de Juif, dont les Etats arabes qui l’entouraient jurèrent la perte.

De multiples guerres, à multiples visages, s’ensuivirent qu’ils ne gagnèrent pas mais qui sans doute les firent entrer dans un temps de déclin et de régression. En rendront compte les historiens de l’avenir. Depuis, c’est peu de dire que cet Etat, ressuscité et résurrecteur, a connu autant de métamorphoses internes qu’il a affronté de conflits armés et d’assassinats terroristes.

Depuis les « Hovevei Tsion », plusieurs mouvements, courants, partis, ont affirmé leur propre vision du visage que devait revêtir cet Etat si longtemps espéré. Croyants ou non, halakhiques ou laïcs, aucun ne voulait proroger la mentalité de l’exil. Chaque juif, sur cette terre tellement antique et si neuve, devait contribuer de ses propres mains, avec son propre esprit à l’oeuvre de la réédification. Les grands penseurs du sionisme, dont la nostalgie reste prégnante et les œuvres vivaces, parmi lesquelles le Rav Kook ou Aharon David Gordon, surent allier l’exigence des corps libres à l’inspiration de la pensée prophétique. C’est notamment en Israël, avec les kibboutsim, et non pas en URSS, avec les kolkhozes, que s’incarna le socialisme véridique.

Depuis 1992, l’Etat d’Israël, démographiquement métamorphosé, a su prendre la tournant de la mondialisation. Du socialisme utopique, il a également muté vers un libéralisme parfois débridé. Son armée est devenue l’une des plus puissantes du monde et sait retenir ses coups. Il lui faut désormais relever deux autres défis capitaux: construire avec ses voisins une paix juste qui ne soit pas d’abdication; continuer à construire une société qui ne déjuge pas les valeurs inscrites dans la Déclaration d’Indépendance et dans le Décalogue sinaïtique.

S’agissant de l’Etat d’Israël d’aujourd’hui, indissociablement juif et démocratique, nul ne doit se départir de son esprit critique mais chacun doit aussi conserver le sens de l’émerveillement.

Le propre du vrai miracle est d’en engendrer d’autres.

Raphaël Draï zal, Avril 2013

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