danieldrai

Bloc Notes 12-21 mars

21 mars.

iSarko A la stupéfaction générale, sauf celle du juge bordelais qui l’a convoqué, Nicolas Sarkozy se retrouve mis en examen pour «abus de faiblesse» dans l’affaire Bettencourt. Le soupçon n’est pas seulement désobligeant : il se veut infâmant. Bien sûr chacun fera le lien avec l’affaire Cahuzac. L’ancien Président de la République est mis en examen le lendemain même de la démission forcée de l’ancien ministre du Budget. Coïncidence? Loi du Talion? La partie devient féroce et le juge insolent se voit désigné à la vindicte de toute la Droite qui rêve au retour de son champion de cœur après la bataille meurtrière d’Etéocle et de Polynice en novembre et décembre derniers. Bien sûr, Nicolas Sarkozy est devenu un justiciable comme les autres après être redevenu un «français parmi les français».Il n’empêche : l’on dirait que ses ennemis veulent effacer rétrospectivement son passage à l’Elysée, de sorte qu’il ne reste plus marque de son quinquennat. Tant de hargne laisse songeur quant à l’avenir, si l’on peut prononcer ce mot, du système politique français .L’on dirait qu’il se «trivialise» en spirale descendante; que la fonction symbolique y perde sa moindre signification.

Quelle sorte de génération politique se trouve ainsi aux commandes de l’Etat? Une génération sans généalogie, qui ne vive plus que dans l’au jour -le jour ;  qui n’obéit plus qu’aux impulsions de son cerveau reptilien et  pour laquelle rien n’a plus de sens que ce qui se dicte dans l’instant, quitte à être déjugé l’instant suivant … On dirait que la Droite est décérébrée et la Gauche livrée à l’addiction du pouvoir pour le pouvoir. Cet après -midi dominical, gris et froid, la «Manif pour tous», comme elle se nomme, va tenter de faire reculer le gouvernement sur la loi relative au mariage homosexuel. L’égérie du mouvement de protestation s’est fait surnommer Frigide Barjot. L’auto- ridiculisation est devenue promotionnelle. Je lis les livres de Dany-Robert Dufour consacré au naufrage idéologique et sociétal actuel: «La Cité perverse», «Le divin marché». Jeu  de massacre. Prés de 800 pages de critique acerbe et dévastatrice d’où l’on ressort encore plus accablé, s’il se pouvait … A Castel Gandolfo pourtant, le pape François, premier du nom,  a rencontré son prédécesseur, Benoît XVI,  qui paraît fort diminué mais tout de blanc vêtu, à l’instar du Pape en fonction. Aucune baisse de prestige. Aucune rétrogression  personnelle. Accolades retenues. En cadeau et en hommage une icône «La Vierge à l’humilité». L’humilité. Osez prononcer ce mot en politique.. François Hollande ne pense qu’à exterminer l’Ex ; et l’Ex. zigzague sur toute la planète, du  Brésil au Qatar, de Tripoli à – bientôt – Netanya..

19 mars.

Chutes

Démission de Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, soupçonné de fraude bancaire et fiscale. Nouveau coup de marteau sur la tête de François Hollande, en chute libre dans les sondages. Ses mises en scène médiatiques, notamment à propos du marché portant sur une myriade d’Air- Bus, ne suffisent pas à  faire remonter  sa  côte de popularité. Il est d’ailleurs dérisoire de s’imaginer que des apparitions télévisées suffisent à avoir raison des causes d’un marasme chronique et corrosif. Le seul grief que l’on puisse formuler à l’encontre de l’actuel Président de la République ne tient pas aux difficultés de son action dans la présente conjoncture. On l’a déjà dit, il naît du fait que, prétendant à la charge suprême, il n’avait pas eu de mots assez durs pour son prédécesseur en assurant, notamment lors de leur face à face télévisé, qu’il n’aurait aucun mal à faire mieux, bien mieux que lui et que son gouvernement. Au fil de semaines et des mois, l’enchère, est devenue surenchère avant de virer à la folle enchère. Le chômage ne cesse de croître. Le gouvernement, contraint de réduire les déficits publics sous la férule de Bruxelles mais aussi des fonds de pensions internationaux, ne sait plus où racler de l’argent.Il est à présent question de diviser par deux le montant des allocations familiales pour les foyers percevant un peu plus de 4000 euros. Et de supprimer pour ces mêmes familles « aisées » les aides à la garde d’enfant  dont elles pouvaient bénéficier.  Ces mesures, hâtives, improvisées, font penser,  toutes choses égales d’ailleurs, aux expédients financiers qui ont eu cours avant le  déclanchement de la Révolution française, lorsque chaque mesure prise par le pouvoir de l’époque semblait aggraver encore ses difficultés, comme un malheureux pris dans les sables mouvants et qui s’y enfonce, qu’il reste immobile ou qu’il se démène. Il fallait entendre l’un des adjoints de Jean- Luc Mélanchon  fulminer contre Jérôme Cahuzac et ce qu’il représentait pour comprendre que le salut pour le gouvernement Ayrault ne viendra sûrement pas de ce côté là. L’Opposition, elle,  ne peut tirer que des balles à blanc, comme la motion de censure déposée par Jean – François Copé au nom de l’UMP. Elle  semble encotonnée,  doutant de sa propre existence après le traumatisme des « primaire »s en novembre dernier. Et lorsque Jean François Copé, lors d’une de ses apparitions télévisées, rappelle au passage qu’il est le président de l’UMP, il le fait sur un ton tel qu’il semble vouloir s’en persuader. Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy, fringant et carnassier, joue les libyens d’honneur à Tripoli, en compagnie d’Alain Juppé  et de Dominique Perben. Comme quoi il est parfaitement possible d’une seule main de verser du poison  dans deux coupes différentes.

12 mars.

Pape

Election du Pape François, premier du nom, en remplacement de Benoît XVI. A l’annonce de ce prénom : Francesco, la foule massée place Saint Pierre a semblé matraquée, incrédule, avant que l’on s’enquiert, sur le trombinoscope  cardinalice, qui était ce cardinal  Bergoglio de Buenos Aires, porté au trône de l’Apôtre. Et puis l’élu est apparu à la célèbre loggia drapée de velours pourpre. Ses premiers mots ont déconcerté. Ce pape ne s’adonnait pas immédiatement à la bénédiction de la foule. D’abord, il lui adressait son « bonsoir », et ensuite c’est d’elle que lui même sollicitait une bénédiction. Et aussitôt cette foule mouillée de pluie nocturne s’est reprise  pour laisser  éclater sa  joie. Ce pape là lui apparaissait  non pas « bonhomme » mais simple, capable d’accorder ses actes à ses paroles, et ses  paroles à son apparence. Un pape parlant italien avec des accents hispaniques plus chantants, rendant sa parole encore plus proche. Autant que l’apparition du souverain Pontife comme on l’appelle en langage protocolaire, frappait l’exceptionnelle ferveur de ces milliers et milliers d’hommes, de femmes, d’enfants, venus de tous les continents, et leur  impressionnante disponibilité,  tous  prêts à se dépasser pourvu qu’on leur en donne l’envie et que l’on éclaire leur horizon. En ce sens le mot de fraternité prononcé à cette même place par le nouveau Pape  avait les résonances d’un mot d’ordre. On verra bien à quoi ressemblera la nouvelle évangélisation à laquelle est  désormais appelée l’Eglise catholique  qui ne doit pas se réduire à n’être qu’une « ONG pieuse ».Il faudra prendre garde néanmoins à ce qu’elle ne tourne pas au prosélytisme  des conquistadores sud – américains. Dans la première homélie pontificale François a cité l’écrivain français Léon Bloy : ou bien Jésus, ou bien le diable. Formule sur laquelle on reviendra. Il aurait pu citer aussi Chateaubriand : «  A force de s’étendre Napoléon rencontra les Russes ».Au demeurant le successeur de Pierre est toujours persona non grata à Moscou. Mais le monde juif lui a fait excellent accueil.

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