danieldrai

Bloc Notes – 13 au 17 Avril

LE BLOC NOTES DE LA SEMAINE

17 avril.
FBI

Attentat terroriste au cours du Marathon de Boston. Des morts, des blessés, des traumatisés psychiques, sans doute à vie. Comment qualifier cette sorte d’actes qui visent à massacrer le plus de monde possible, sur l’étendue la plus large possible? Chaque législation pénale nationale en décide mais dans leur nature même, par leur intention est leurs effets, ces crimes ne relèvent-ils pas de la catégorie des crimes contre l’Humanité? Aucun forfait, aussi horrible qu’il soit, ne doit sortir des ses limites légales intrinsèques, et cela sous le coup de l’émotion ou par désir impulsif de vengeance. Mais l’euphémiser c’est également inciter à sa récidive.


16 avril.

MAO

Publication du patrimoine des ministres. Les uns sont millionnaires en euros, les autres devront patienter. Car toute l’opération sent sa petite révolution culturelle maoïste des années 68 lorsque le Grand timonier et ses féroces Gardes rouges contraignaient les chinois récalcitrants ou présumés tels à des aveux publics, suivis de rituels d’humiliation si ce n’est de tortures et de mise à mort, civile ou même physique. Heureusement nous n’en sommes pas – encore – là mais à force de dilapider ses « biens symboliques », l’on se demande comment le pouvoir actuel va continuer à ne pas distribuer de biens tangibles. On l’a vu lors de la réunion du PS où se sont invités des ouvriers de PSA, applaudis par la gauche du parti, tandis que le Premier Ministre était exfiltré comme un vulgaire membre de la famille Peugeot. Et puis Jérôme Cahuzac, là encore dans le style – mental et vestimentaire – Mao, est venu se confesser à la Télévision pour dire sa honte, sa contrition et feindre d’exonérer François Hollande de ses propres manquements en cette affaire. Passera t-il tout de même par la case « Prison »? Parfois on en réchappe comme l’atteste Bernard Tapie, égal à lui même dans ses éternels numéros de miraculé des mers de turpitude.

Pour revenir aux déclarations publiques pour ne pas dire aux exhibitions de patrimoine, deux observations s’imposent. En premier lieu, il faut attendre le vote de la loi qui en ferait un usage généralisé. Il n’est pas sûr qu’une telle loi serait conforme à la Constitution au regard de la protection indispensable de la vie privée. Car une chose est de ne rien dissimuler illégalement à l’administration compétente, autre chose de franchir l’indispensable limite entre sphère privée et sphère publique de l’existence. Eventuellement, on aimera connaître l’opinion des juges de Strasbourg à cet égard.

Ensuite, s’agissant de la notion même de patrimoine, si Pierre Bourdieu, de là où il se trouve, suit nos débats il doit se lamenter. N’est-ce pas lui qui enseignait la différence entre capital strictement financier et capital social? Dans quelle rubrique un ministre déclarerait-il cet élément patrimonial par excellence : sa fonction ministérielle elle même, le carnet d’adresses qu’elle lui permet de constituer, puis les honoraires quasiment décuplés qu’il fixera pour la moindre de ses conférences?

13 avril.

Stendhal

Je reprends La Chartreuse de Parme à l’occasion d’une brève période de repos. Lorsque je préparais le bachot, au Collège moderne de garçons à Constantine, Stendhal n’était pas l’un de mes auteurs préférés. Je ne l’ai lu que plus tard mais toujours attentivement. Le Rouge et le noir est un des plus grands romans consacrés à l’ambition sociale puis à la peur panique du déclassement. Et l’aventure de Julien Sorel se termine mal : sous le couperet de la guillotine. La grande leçon littéraire du début de La Charteuse se resserre dans les pages consacrées à la « bataille de Waterloo » vécue par Fabrice. Ce n’est ni le Waterloo cosmique de Victor Hugo dans Les Misérables ni celui, dénonciateur, d’Erckmann – Chatrian dans Histoire d’un paysan. La leçon humaine n’en porte pas moins. Quel que soit l’événement auquel l’on participe, l’on n’en voit qu’un pan et un pan seulement. Aucun témoignage n’est ubiquitaire. Evoquer ce que l’on a vécu exige le sens de la relativité, sans parler de la modestie vitale, en attendant le récit d’autres témoins. Au delà de son mythe, Napoléon en personne avait –il une vue d’ensemble de ses champs de bataille, sachant que cette vue d’ensemble devait porter surtout sur les conséquences politiques d’éventuelles victoires ou défaites strictement militaires?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :