danieldrai

Bloc-Notes 20 au 24 Juillet

24 juillet.

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La ville de Trappes  est toujours secouée par la nuit d’émeutes qui a suivi le contrôle d’une femme musulmane circulant dans l’espace public complètement voilée, en transgression de la loi qui interdit que l’on se masque le visage. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Vals, s’est rendu sur les lieux pour constater les dégâts et pour souligner avec fermeté la nécessité d’obéïr à la loi républicaine. Ce qui lui a valu d’être accroché et fortement houspillé par une habitante de cette cité « sensible », musulmane elle aussi, qui lui rappelait autant ses devoirs que le ministre la rappelait aux siens. Naturellement, le spectacle a été retransmis par les télévisions, ce qui procurait plus qu’un malaise. Car l’on ne sait plus bien ce qui s’exprime dans ces sortes d’algarades au cours desquelles l’arrogance des maîtres réels des lieux – ces territoires perdus de la république, ou en passe de l’être – l’emporte sur la liberté d’expression du citoyen. Qu’apprenons nous au cours de ces débats?  D’abord qu’il faut éviter tout amalgame entre musulmans et islamistes. Qui y concoure? L’extrême droite, comme on la qualifie malgré ses protestations de républicanisme? Ou bien les fanatiques de la mouvance dite « salafiste » qui s’identifient à l’Islam en soi, pur et dur, celui dont il n’est pas sûr que même Mahomet l’eût reconnu? Les territoires, physiques et humains, qu’ils réussissent à contrôler ne sont pas seulement des caïdats classiques, des espaces maffieux. Ils sont intégrés, délimités et gérés par eux comme des pans entiers du Dar el Islam régis désormais par la  seule chariâ, telle qu’ils la conçoivent. A vouloir l’ignorer, je ne sais si l’on fait le jeu de l’extrême droite. Il se pourrait que l’on fasse pire encore. Comme lors du déraillement mortel du train à Brétigny. Entre la sourdine officielle  et les départs de rumeurs incendiaires  sur le Net,  il devient impossible, au strict plan de l’information, de se faire une idée exacte des causes, de l’ampleur véritable et des conséquences  de la catastrophe. Accident ou sabotage? Le saura t-on jamais? L’on veut espérer que les bruits et les rumeurs concernant le « dépouillement » des cadavres ne sont pas fondés. Autrement, ce serait le signe que la sauvagerie la plus sauvage couve dans la France souterraine. Se taire serait  visser le couvercle sur la marmite explosive. Gardons nous  de confondre les époques historiques et politiques mais il faut se souvenir qu’avant même la prise de la Bastille la révolution à venir s’était annoncée par le massacre à Paris du bonasse et bienfaiteur Mr. Réveillon. Au passage,  drôle de nom pour un … présage.

23 juillet.

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Londres.  Le Royal Baby est né. Remake à la manière anglaise de la naissance du divin enfant. Les caméras du monde  entier ont été braqués durant des jours sur le St Mary’s Hospital. Enfin la nouvelle de la délivrance est arrivée, aussitôt suivie de scènes incroyables de liesse. On pourrait trouver déplacée cette crue mondiale  de « peopolisme ». Surtout qu’à la sortie de la maternité la princesse Kate et le prince William, qui ne sont pas au « pound » prés, sont apparus en public vêtus comme des cadres supérieurs sortant de l’apéro. Le peuple britannique, lui, s’y retrouve. Comme s’y retrouvera le peuple belge doté d’un nouveau souverain. On se souvient que la Belgique était restée plus d’un an sans gouvernement et qu’elle n’en est pas morte. Précisément parce que le Roi était là. Il ne s’agit pas de faire  l’apologie du régime monarchique et de vouloir revenir avant 1789. Il faut juste comprendre, dans le marasme moral et intellectuel où se trouve la République Française, comment d’autres sociétés préservent leur sens de la généalogie, leur culture à la fois politique et religieuse, et leurs traditions. Pour employer une image parlante, la tradition pour une  société peut se comparer à la marche arrière dans une voiture. Elle permet de la manoeuvrer. Rétrograder n’est pas régresser. Sans cette possibilité, l’on est forcé de rouler sans cesse  en avant. Et pour se  rassurer, on aura beau crier par la fenêtre le mot « Progrès ». Le vent en émiettera les lettres.

20 juillet.

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Bonne pioche sur le câble. Par hasard tombé sur le film de Renato Castellani: « Deux sous d’espoir ». Un joyau du cinéma italien, néo-réaliste et fortement populaire, dans le meilleur sens du mot,  du début des années 50. Des personnages qui ne font qu’un avec leur patelin et qui participent moins de la Commedia del Arte que de l’Arte della Commedia.. Quels acteurs dont tout le corps, de l’orteil dénudé aux cheveux dépeignés, s’agite, joue, parle, dans ce dialecte méridional où les mots se bousculent dans les bouches, au point de transiter par les mains, des mots pourtant adaptés à une pensée de prime expression, sans recul et sans calcul.. La scène de l’inauguration – ratée – du bus coopératif et celle  de la course – poursuite pour transférer la même bobine de film dans trois cinémas successifs sont des morceaux d’anthologie. Au dessus de Paris l’orage noir grondait avant que la pluie rageuse ne fouette les fenêtres. Peu importe: j’avais les yeux rivé sur ces pays calciné, de craie et de charbon, de « disoccupati », de chômeurs et de générosité, de misère et de joie. Retenu la dernière réplique du film «  Dieu n’est pas pauvre. Sinon pourquoi nous a t-il fait! »

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