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Bloc Notes – 29 mai au 3 Juin

3 juin.

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Je ne sais quel nouveau Balzac voudra écrire un « Envers de l’Histoire contemporaine » actuelle. Quel sujet haletant que cette guerre politique menée par le moyen de la justice! Après l’affaire Cahuzac et la mauvaise passe qu’a traversée tant bien que mal  le président de la République, mis en cause personnellement par l’Opposition, la réplique n’a pas tardé. Sous forme d’un missile à trois têtes chercheuses dirigées cette fois vers l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy. La première cherche à l’atteindre intuitu personae par une mise en examen dans ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Bettencourt, et cela pour « abus de faiblesse ». Encore un peu et Nicolas Sarkozy sera recherché pour vol de vieilles dames à l’arrachée dans les passages cloutés! Le second engin explosif le vise encore mais par Claude Guéant interposé dont les alibis, notamment dans ses transactions artistiques, ont des tintements de sornettes; et la dernière en date le suit toujours à la trace thermique  pour arbitrage véreux rendu dans l’autre affaire, celle à 400 millions d’euros, qui aurait bénéficié indûment à Bernard Tapie. Du coup, au moins l’une de ces têtes est renvoyée à l’expéditeur par la mise en cause du juge Gentil (sic) pour amitiés trop proches avec une toubib opérant dans sa juridiction, et facturation  de niveau quasiment qatari des interventions de l’amicale experte auprès de Madame l’Oréal, compte tenu des barèmes et des us de la profession. Du coup, les deux autres magistrats concerné(e)s, en droit et en fait, font bloc, brandissent les textes afférents de  leur  déontologie et crient à la tentative de déstabilisation. A quant et où le prochain tir ? Tout se passe comme si la présidentielle était programmée pour l’an prochain. Bien des petites mains s’agitent dans le sens d’un retour de Nicolas qui n’y penserait pas  seulement « en se rasant chaque matin » mais « pratiquement tous les soirs », ce qui fait des journées bien remplies. Le jeu de massacre, ouvert ou feutré, continue également à l’UMP car nul doute que les ambitions de la NKM  – qui vient de s’imposer lors des primaires de son parti, ou ce qu’il en reste – ne se limitent pas à la Mairie de Paris. L’on demeure parfois pantois, en entendant les un(e)s et les autres répondre du tac au tac à chaque interview, selon les leçons des meilleurs « coachs » en « com’», par leur incapacité à respecter le moindre temps de réflexion. L’on dirait que toute leur  scolarité s’est passée à apprendre comment river des clous. Pendant ce temps le chômage augmente encore un peu plus. Pourtant François Hollande n’en démord pas : la courbe fatale se retournera avant la fin de l’année. Il paraît que madame Soleil – c’était son vrai patronyme- s’est définitivement couchée en 1996. Entre temps nouvelle saignée fiscale. Ce que le gouvernement ne peut tirer d’un bras, il le tire de l’autre.

 31 mai.

6

Est-ce le commencement d’un « printemps turc »? Emeutes violentes dans les principales villes du pays, brutalement réprimées par les forces de l’ordre sur injonction du gouvernement Erdogan. Le conflit  syrien  commence à faire tache d’huile dans cette région du monde où de fortes minorités ethno- confessionnelles sont imbriquées dans des majorités instables. Chaque pays concerné dispose ainsi d’une tête de pont et d’un marigot bourbeux pour menées subversives contre quiconque prend le parti de ses propres mortels ennemis. Cette considération ne suffit pas pour expliquer les départs de feu actuels. Depuis son arrivée au pouvoir, Erdogan ne cesse de se radicaliser – du moins en paroles, écornant dangereusement l’image de la Turquie laïque héritée d’Ataturk. On l’a vu dans l’affaire de la flottille turque lancée contre Israël sous couvert d’aide humanitaire à Gaza. Recep Erdogan a toujours cherché l’affrontement verbal et diplomatique, sans pouvoir d’ailleurs retourner véritablement ses alliances. A force de se radicaliser de cette façon, il a fini  par radicaliser mais contre lui la jeunesse turque qui doit choisir entre le foulard et le bâillon. Pour l’instant, il en résulte que Bachar El Assad ne fabule plus en espérant tenir bon face aux rebelles syriens ou camouflés sous ce label. Surtout que l’Union européenne et que les Etats-Unis ne sont pas prêts à fournir l’ALS en armement autre que moral. Pour paraphraser un sketch célèbre de Bourvil, la Syrie libre, oui! El Qaida, non! A moins de vouloir qu’à chaque carrefour de Londres, de Paris, ou de Bédarieux, un jeune islamiste, sorti tout droit du Coran-internet, se jette avec son cutter ou sa machette sur les volontaires de l’Armée du salut confondus avec les Gardes Républicains de la France mécréante …

29 mai.

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Commencé la lecture du roman de Sofia Oksanen Les vaches de Staline. Quant à l’unité de lieu, dépaysement complet. Les choses se déroulent essentiellement dans les relations entre une mère, Anna, et sa fille, Katériina  (avec deux i), celle-ci à la fois boulimique et anorexique, et entre l’Estonie, sous  la férule soviétique et la Finlande qui a su et pu se l’épargner. Un roman hyper- réaliste de plus, à base de déjections bio- organiques et de complexe d’Œdipe mal ficelé, avec régression au stade oral ? C’était le danger couru par Sofia Oksanen. Pourquoi l’a t-elle évité ? Parce que ces troubles-là ne sont pas dissociables des langues qui se chevauchent et se combattent les unes les autres dans le cerveau de la jeune Katériina: l’estonien, langue asservie; le russe, langue asservissante; et le finlandais, langue méprisante. Ce n’est pas tout. Au fil des pages l’on constate à quel point la consommation, du vrai café au sexe, était devenue obsessionnelle  dans les populations sous le joug  du Grand frère. Cela rappelle une phrase du Docteur Jivago, citée de  mémoire : «  Sous l’ancien régime, les questions métaphysiques portaient sur la liberté et sur l’avenir. Depuis la révolution elles portent sur le  pain et sur le  charbon ». Difficile conciliation, jamais complètement atteinte,  entre le  stade oral et l’instance de l’idéal.. A méditer par les psychanalystes, certes, les linguistes mais également par les politologues et les économistes.

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