danieldrai

Bloc-Notes: 3-9 Mai

9 mai.

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Hier, remontée des Champs Elysées par François Hollande, président de la République depuis un an, mais remontée dans la pénurie flagrante de public et pour tout dire dans l’indifférence générale. Une sorte de referendum-trottoir, comme l’on parle de micro-trottoir. Lui sera–il possible de se maintenir au pouvoir encore quatre années pleines? Même une Rolls ne peut rouler sans essence. Impavide, le Président en perpétuel costume et cravate de deuil maintient sa position. Quoi qu’il en laisse montrer, il se veut impassible, tenant le cap jusqu’à l’inévitable embellie. Seuls les proches d’entre les plus proches perçoivent sa fébrilité. A la télé, l’autre soir, Jean- Marc Ayrault s’est lui aussi coulé dans le rôle du capitaine – en l’occurrence du lieutenant, courageux. Nul doute que tout son gouvernement ne se démène pour voir au moins une fleurette pousser enfin entre les pavés… En plus, ce printemps automnal ne cesse de plaquer du gris jusque sur les jours commémorant les victoires. «François garde toi à droite, et surtout François garde toi à gauche»… Le 5 mai, on aurait pu chanter : «A la Bastille on aime bien non pas Mimi Peau d’chien mais Jean-Luc Mélenchon ». Une foule compacte mais un décompte de la Préfecture de Police à vous couper l’herbe sous le pied. Là encore, quoi qu’il fasse, quel que soit son accoutrement vestimentaire et verbal à la Chavez, la vedette du Front de Gauche ne peut convaincre l’observateur lucide qu’il n’est pas autre chose qu’un bateleur. Qui forme ses bataillons principaux? Le Parti communiste et la CGT. Le PCF ne représente plus qu’à peu prés un pour cent du corps électoral. Il peut faire illusion et faire croire qu’il s’agit du parti de Thorez et de Duclos en 1944 ou en 1945. Mélenchon est à ce parti ce que le dopage est aux sportifs sur le déclin. Au pouvoir, le communisme s’est révélé fauteur grandiose de catastrophes. D’où la liquidation dans les années 90 de tout le saint-frusquin de Marx, Lénine et consorts et le recyclage dans l’écologie, la défense «des gens», et le «palestinisme » racoleur de banlieue.

Dans cette fonction protestataire Marine le Pen conserve plus d’une longueur d’avance. Pourtant, si le Président de la République actuel persiste à élargir le désert autour de lui, il ne faudra pas tarder à sonner le tocsin. D’autant qu’il se vérifie qu’à la suite du dissensus sociétal, comme l’on dit maintenant, qu’il a provoqué avec le mariage homosexuel, il n’est pas près d’arriver en zone de calme durable. Faut-il s’en inquiéter? Le pire n’arrive pas toujours a écrit, je crois, Claudel. Pas toujours n’est-ce pas un équivalent de «quelquefois»?

8 mai.

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France 3 s’est occupée en soirée, longuement, de Nicolas Sarkozy qu’on dit piaffant dans son box et attendant le signal de la nouvelle course. Deux émissions successives mais où se retrouvaient les mêmes témoins, répétant parfois sans sourciller la même chose. Sarko? Un OVNI en politique. Ses qualités, une fois élu président de la République? Un sang froid et une détermination extrêmes dans les crises internationale, militaires ou économiques. Même ses ennemis et ses faux amis de l’UMP le reconnaissent et lui en rendent hommage. Tout cela gâché par une relâche suicidaire des attitudes, des conduites, du langage, qui en ont fait parfois une sorte de Bernard Tapie en moins gouailleur-né. Sont repassées impitoyablement en boucle ses interjections injurieuses, ses aveux dignes des « Feux de l’Amour », les allocutions où il s’essayait à mimer Bigard ou Frank Dubosc. Et puis cette embardée à droite-toute, d’un opportunisme cynique, dans la campagne de 2012 qui lui a aliéné une partie décisive du Centre et de son propre camp. L’enseignement d’un pareil échec? Un Président de la République pas plus que la reine d’Angleterre ou que le Pape ne doit s’imaginer que l’on attend de lui qu’il se mette au niveau du «vulgaire». Au contraire, il lui faut l’élever jusqu’à l’idée supérieure que l’on se forge de sa haute fonction. Un président «normal» est un président foutu. Chateaubriand l’avait relevé dans les Mémoires d’outre Tombe: dès l’instant où l’on a mis la main sur l’épaule des rois, la royauté était perdue. La vraie grandeur n’est cependant rien sans cela qui ne se définit pas mais que l’on nomme dans le langage populaire: la classe, sans faille et sans intermittence.

Sarko reviendra-t il? Lui même le sait-il? Dans l’Histoire de France les «restaurations» ne se sont jamais bien terminées.

3 mai.

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Préparation du prochain colloque de juin à Marseille sur Camus. Je voudrais mieux comprendre en quoi Dostoïevski a nourri la pensée de notre Albert national, comme le démontre l’adaptation des Possédés mais aussi la pièce intitulée Les Justes qui se déroule également en Russie. Relecture de L’Idiot, roman de 1000 pages dont le héros est un prince sans principauté, sans pouvoir, qui s’imagine toujours au dessous des autres au point de se faire houspiller par l’une des femmes torrentueuses de son entourage: «Vous manquez d’orgueil!». En manque t-il vraiment, lui qui est dépourvu des «pensées doubles»? Dans ce roman – Volga mais d’une Volga intérieure l’amour et la haine se contre – battent sans fin. Et bien sûr l’Idiot évoque à chaque page Aliocha Karamazov, «mystique précoce», cette échappée humaine et céleste dans la fratrie infernale et parricide qui ne connaît ni Père ni Dieu. Ceci expliquant d’ailleurs cela. Avec la recherche éperdue de la Justice comme preuve par neuf de l’amour véritable.

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