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Bloc Notes: 30 juin au 3 juillet

3 juillet.

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L’armée égyptienne vient de déposer le président élu il y a quelques mois, Mohamed Morsi. Des millions d’égyptiens et d’égyptiennes exigeaient à corps et à cris le départ de celui qui apparaissait de plus en plus comme le factotum des Frères Musulmans et le bras légal de l’islamisation à  la mode nilotique. Du  point de vue de la science politique, le schéma vaut qu’on s’y arrête.

Formellement il s’agit d’un coup d’Etat puisque c’est l’armée qui a dicté sa décision au président jusqu’alors en place et qui, quoi que l’on pense de son idéologie, à la fois manoeuvrière et fanatisée, avait été régulièrement élu. Mais il semble que le consensus qui s’était formé dans toutes les composantes, sauf une, de la société politique et civile égyptienne ait légitimé ce « pronunciamento ».

Situation inédite qui rappelle l’interruption du processus électoral décidé au début des années 90 en Algérie lorsqu’il apparut que les islamistes allaient y prendre le pouvoir sans l’idée de le rendre un jour. On sait ce qui advint: une décennie sanglante durant laquelle l’horreur l’a disputé à l’atrocité. En ira t-il de même en Egypte?  Mohamed Morsi appelle ses partisans à résister mais «pacifiquement». Quant aux chancelleries étrangères, de tous les azimuts elles incitent au retour à la normale, autrement dit, et le plus vite possible, aux urnes. Certes le chef d’Etat major égyptien a souligné que le coup de force réalisé hier mettait en place un dispositif « transitoire ».  Nul n’ignore qu’il est des transitions qui n’en finissent pas. Comme on a pu l’écrire dès le commencement du «  printemps arabe », la pire des politiques en la matière serait la politique du pire. Qui ne souhaiterait que ces pays si fortement peuplés trouvent enfin le calme et ne se déchirent plus en ouvrant dans toute cette région les chenaux du désespoir? Les événements de ce mois de Juillet ne seront –ils qu’une phase supplémentaire dans la régression historique où sont engrenés maints  pays arabes? Il faudra être attentif au voyage de François Hollande en Tunisie. L’islamisme y fossoie bien des espérances et met ce pays en marge du meilleur de la civilisation méditerranéenne.

1er Juillet.

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Delphine Batho, jusqu’alors ministre de l’écologie, est virée, comme l’on dit, du gouvernement ;  saquée comme une contractuelle de rang D. Son crime? Avoir rouspété parce que son budget avait été affligé par une coupe sombre, vraiment sombre, au point de laisser penser que dans le gouvernement actuel l’écologie ne constitue  plus qu’une « variable d’ajustement », pour reprendre cette formule qui fleure bon nos cours d’économie politique de 1ère année. En cette affaire, les principes doivent être distingués des conduites et des manières de faire. Sous la Vème République, un ministre est lié par la solidarité gouvernementale, même s’il  ingère de la couleuvre à tous les repas. Autrement, il doit s’en aller. L’on pouvait penser que la culture socialiste n’était pourtant pas la même que la culture gaullienne, que la liberté de ton, sinon de parole pleine y allait de soi;  que la diversité des points de vue ne se réduisait pas à une illusion d’optique. Eh bien non! La culture PS n’est qu’une « variable d’ajustement » de la culture « énarchique » la plus bâtonnante. Que les autres ministres se le tiennent pour dit! La question ne se pose pas moins: Jean-Marc Ayrault et François Hollande ont-il fait preuve d’autorité ou d’autoritarisme? L’autorité ne se décrète pas. Elle découle des résultats tangibles et probants dont l’on peut se prévaloir. L’autoritarisme marque au contraire l’aveu de faiblesse. L’empereur de Perse faisait donner les verges à la Mer parce que la tempête bloquait ses navires dans leurs ports de départ! Ah, si seulement la fameuse « courbe du chômage » s’inversait autrement que de manière infinitésimale, comme la ligne la plus extérieure d’un cercle soumis aux contraintes de la quadrature..

30 juin.

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Les « Carnets de Tolstoï », l’équivalant des carnets de croquis des peintres ou des carnets de route des navigateurs. On y suit l’au jour le jour de sa création et son fil directeur: l’amour, l’amour des êtres, surtout de ceux qui suscitent aversion  et haine:  l’amour des ennemis. Cet amour là balise la voie d’un autre amour, venu d’encore plus haut, d’encore plus loin: l’amour du Créateur pour ses créatures. Pour Tolstoï  cet amour là s’est incarné dans le Christ, mais dans son Christ à lui. Est-il identique non pas même à celui de François d’Assises mais à celui de Dostoïevski? Et que faire avec ceux qui n’y croient pas…  Pour Tolstoï, nul besoin d’y aller par quatre chemin: «  Il faut aimer aussi le Juif et le Tartar ». Nous voilà  rassurés.

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