danieldrai

Bloc Notes – 7 – 13 Mars

13 mars.

images-7

La neige est tombée en abondance sur le nord de la France et sur la région parisienne. Aussitôt, automobilistes bloqués, TGV en panne, bus  qui patinent, théories de camions paralysés. L’enfer blanc!  Rogne. Hargne. Et le gouvernement, qui tient à montrer qu’il a les mains sur les manettes, de se réunir en conseil de guerre, avec déclarations martiales et ministres envoyés en estafettes sur les plateaux de télévisions pour assurer que l’ennemi n’a qu’à bien se tenir. Tout cela parce qu’il neige en hiver …  Car l’on a oublié que l’hiver dure officiellement jusqu’au 21 mars et que le 21 mars nous n’y sommes pas. L’étude de la mentalité collective  a encore beaucoup  de progrès à accomplir. Tant qu’à faire, prévoyons déjà que l’été durera  jusqu’au 21 septembre et qu’il fera probablement  vraiment chaud durant cette période. On ne sait jamais …

L’actuel gouvernement se trouve placé devant un tel amas de difficultés  qu’un flocon de neige pèse le poids du plomb. Le président de la République ne cesse de prendre la parole pour annoncer que l’horizon sera encore plus sombre qu’on ne le dit. Il n’avait pas la même boîte de couleurs au printemps 2012 lors de la campagne électorale. Toute difficulté évoquée devant lui était magiquement résolue par anticipation. Comme la France ne comporte plus de parti réellement révolutionnaire, cette sorte de «  gouvernance » peut parfaitement durer quatre années encore. Sauf qu’il arrive parfois, comme le disait Bertrand de Jouvenel, que le temps politique s’accélère brusquement et vous fasse «  le coup du lapin ». Pendant ce temps, les chefs de l’UMP  jouent entre eux au poker menteur et par là même contribuent à la prorogation de cette gouvernance à l’huile de ricin.Seul Jean -Pierre Raffarin s’est risqué à un  bref coup de gueule, mais après avoir assuré à l’intention de Nicolas Sarkozy qui semble ronger son frein, « que rien ne presse ». Admirable leçon de politique « humaniste ».

 7 Mars.

images-1-3

Conférence à la faculté des lettres de Strasbourg sur Spinoza et Maimonide dans le cycle organisé par le Dr. Jean- Pierre Adjedj et  Lev Fraenckel sur le philosophe d’Amsterdam. Spinoza  a des mots très durs contre l’auteur du Guide des Egarés. Celui de «  nuisible » est sans doute le moins acceptable. Comme quoi, faire l’éloge intellectuel de l’amour et une chose, le pratiquer  en est une autre, plus difficile. Il est vrai que les termes de sa mise au ban de la communauté  juive de la ville pour des motifs qui ne sont pas connus explicitement, ne valent pas mieux. Ces insanités ne peuvent masquer les convergences notables entre ces deux immenses penseurs qui ne vivaient pas à la même époque, ni dans la même civilisation. Encore ont ils en commun cette référence juive espagnole, la référence sépharade, comme l’on dit aujourd’hui. L’un et l’autre abhorraient la superstition et la transformation du nom de Dieu pour en faire un fétiche. L’un  et l’autre ont tenté de concilier la métaphore facile et la pensée pensante, en faisant de celle –ci non pas l’antinomique mais le prolongement de celle –là. L’un et l’autre ont mis en garde contre la possession de cet objet exclusif, qui ne se partage pas, sinon au  prix de la vie de qui ne veut s’en dessaisir face à ceux qui le convoitent. La vie courante ne cesse de charrier ses dépouilles et ses cadavres comme le fleuve putréfié qui traverse un pays en proie à la guerre civile. Pourquoi y faire de nouvelles victimes ?  La pensée est le propre des humains. Elle seule peut les réunir lorsqu’ils se sont divisés. Lorsqu’elle s’est divisée elle même, il n’est plus de salut concevable. Pourquoi s’acculer à de pareilles situations ? Les polémiques ne doivent pas être entretenues comme l’on cultiverait  des plantes vénéneuses. Certaines n’ont que trop duré. Nul besoin de vilipender Maimonide  pour la gloire de Spinoza. Nul besoin de vouer Spinoza aux gémonies pour magnifier l’auteur du Michné Torah. Lire Spinoza dans ses traductions hébraïques récentes permet de  mieux comprendre pourquoi. Faut –il rappeler aussi que sa mise au ban du kahal d’Amsterdam n’a plus cours ; et que, de toutes façons et en équité, elle ne saurait  masquer non plus les soucis  que lui ont causé les autorités politiques et policières de son pays. A l’instar de Descartes, sans parler de Galilée.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :