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BLOC-NOTES: SEMAINE DU 27 OCTOBRE 14

28 octobre.

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Question insistante, question lancinante, question persécutrice: comment inverser la courbe du chômage, lequel a encore augmenté ces dernières semaines? Quiconque trouvera la réponse et surtout qui sera en mesure de l’appliquer et de lui faire produire des résultats aurait droit à un super prix Nobel d’économie. L’autre jour débat télévisé à ce propos sur le projet de « contrat unique de travail » entre une économiste, un chef d’entreprise, une syndicaliste CFDT et un professeur de droit du travail. Aux confins du dialogue de sourds. Deux logiques étanches se confrontaient: celle du chef d’entreprise pour qui le sésame de l’avenir se nomme «flexibilité» et la syndicaliste pour laquelle il n’était question que de « sécurisation des parcours professionnels ». A partir de quoi la notion de « contrat unique » qui paraissait relever initialement du droit social et du droit du travail devenait une sorte d’objet en pâte à modeler, chacun lui donnant la forme convenant à ses seuls yeux. Gesticulation de sourds inévitablement tant que pour les uns, l’entreprise s’inscrit d‘abord et avant tout dans le droit de la propriété: celle du chef d’entreprise et de ses actionnaires, et tant que pour les autres, l’entreprise doit être considérée comme le bien commun du chef d’entreprise, certes, mais également des « travailleurs et des travailleuses » comme disait Arlette Laguiller au bon vieux temps d’une extrême-gauche qui pouvait encore compter ses troupes. Pour que chefs d’entreprises et syndicalistes dépassent leur point de vue exclusif et restrictif il faudrait que l’Etat arbitre lui même par une vision claire du bien commun et qu’il dispose des moyens tant matériels que moraux pour lui donner consistance, relayé par des syndicats tant patronaux que de salariés, au sens ordinaire, qui oeuvrent également à la réalisation du bien commun. Autant rêver. En dépit d’efforts récents pour se rapprocher, le patronat se trouve en rupture identitaire avec le pouvoir actuel depuis le matraquage fiscal de 2013 tandis que la toute chaude et pitoyable affaire Lepaon donne du syndicalisme l’image d’une réplique de Bygmalion, même si les sommes engagées pour la remise à neuf du logement loué pour le patron de la CGT sont moins pharaoniques. Pour sa part on annonce quotidiennement que le PS est «au bord» de l’implosion mais il est des «bords» très larges. Pour l’instant les «frondeurs» avec les joueuses de sarbacane se contentent d’escarmouches qui demeurent, en apparence du moins, sans impact. Sauf que Manuel Valls qui connaît son petit monde en est déjà à esquisser les traits de ce qui serait une «grande coalition» dans laquelle les futurs rescapés de la législature actuelle pourraient tenir leur congrès dans une cabine téléphonique – s’il en reste encore une debout.

29 octobre.

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On savait le Mali en danger de mort, la République Centre Africaine fortement menacée, la Côte d’Ivoire toujours convalescente, La République démocratique du Congo peinant à éteindre les feux d’une guerre interne larvée, voici qu’au Burkina Faso le président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987, est sur le point d’être chassé par un coup d’Etat qui pourrait devenir sanglant et « déstabiliser » un peu plus avec ce pays supplémentaire cette partie stratégique de l’Afrique. Comme Blaise Compaoré n’est plus en mesure de commander aux forces armées nationales et que la foule a envahi les bâtiments parlementaires, l’Elysée et le Quai d’Orsay s’emploient à convaincre le président du «Pays des hommes intègres», autrement menacé de finir en tronçons dépareillés, de quitter le pouvoir volontairement quitte à lui procurer une juteuse sinécure dans l’on ne sait quelle institution internationale. Après quoi l’on jurera ses grands dieux que le temps de la « Françafrique » est clos! Il reste de s’interroger sur le sort de ces pays parvenus à l’indépendance formelle au début des années 60 (le Burkina Faso s’appelait la Haute Volta) et qui ne réussissent pas à sortir de la décolonisation, tant leurs élites, ou supposées telles, se sont coulées avec célérité dans les habits de l’ex-puissance dominatrice. Car pour succéder à Blaise Compaoré pas moins de trois militaires sont déjà candidats au trône présidentiel, en jurant eux aussi leurs grands dieux que c’est à seule fin d’assurer sur place une réelle «transition démocratique». On en mettrait notre main au feu..

2 novembre.

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Le film de Don Taylor: « Nimitz, retour vers l’enfer » (The Final Countdown) avec Kirk Douglas et Martin Sheen, date de 1980 et pourrait passer pour un bon exemple du cinéma de science fiction prévalant durant cette décennie de guerre froide. Rappelons sa thématique. Un porte-avions américain croisant dans le Pacifique est pris dans un orage cosmique qui le fait rétro-gresser avec tout son équipage dans les années 40, avant l’attaque de Pearl Harbour. Peu à peu, par une série d’indices troublants puis d’incidents sanglants, son commandant réalise l’imminence de l’agression japonaise et se rompt la cervelle d’abord pour tenter de comprendre ce qui arrive ensuite pour savoir s’il doit détruire avec ses jets hyper-modernes les monomoteurs à l’emblème du Soleil levant, l’équivalent d’un tir au pigeon. Et c’est alors que le film de science fiction côtoie le pire des films de politique fiction car si le commandant donnait effectivement l’ordre de tir et effaçait de la sorte le désastre de Pearl Harbour en le transformant en victoire américaine ce scénario ne serait rien de moins qu’une réécriture cinématographique de l’Histoire telle qu’elle s’est réellement déroulée. Heureusement le commandant se verra judicieusement conseillé avant qu’un nouvel orage cosmique – fort dialecticien en l’occurrence – replace le porte-avions dans le sens de la vraie temporalité historique, le 7 décembre 1941 venant de soi se situer avant l’an 1980.

R.D.

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