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1961-62…Exode d’Algérie…entre le Dard et le Miel… Nouveaux départs….

1961-62…Exode d’Algérie…entre le Dard et le Miel… Nouveaux départs….

BALCON AU  6 AVENUE VIVIANI 24 HEURES AVANT LE GRAND DEPART EN 1961...INSTINCT DE PRESERVATION DU SOUVENIR A 14 ANS..Avec mes meilleurs amis des EI Francou & Alain Sebbah et...notre Canari...

BALCON AU 6 AVENUE VIVIANI 24 HEURES AVANT LE GRAND DEPART EN 1961…INSTINCT DE PRESERVATION DU SOUVENIR A 14 ANS..Avec mes meilleurs amis des EI Francou & Alain Sebbah et…notre Canari…

 

L’an 1960 était celui de ma Bar-Mitzva a Constantine. Cette même année fut marquée par le décès de ma Grand-Mère Maternelle « IMA-RAHMONA » (Mère Pitie, ou Mère Grace, si je traduis le Judéo-Araméo-Arabe prononce alors comme suit… » Ma-Rahmona »). Cela se passait dans la plus grande des modesties, car le deuil prenait….un an….pas de radio…pas de télé…pas de participation aux festivités. ‘Very Hard Period ». La seule chose que j’ai réussi a garder, ceux sont les boutons de manchettes Louis-d’or offerts par…Raymond Leyris, que je garde précieusement depuis comme « mémoires dans une armoire blindée » Raymond le Chanteur! Je réalise maintenant a peine…

Puis c’est l’Exode, les ballots, le cadre, le bateau, les soeurs du Bon Secours a Marseille.

On débarquait avec tout notre passé et nos baquets: Ma Mère (56 ans), mon Père (59 ans) mon Frère Charly (17 ans) et moi (14 ans), et s’installaient au camp «D’ADRAINAS » en guise de camp d’Arenas.. chez Rolland et Claire qui s’étaient installes au 44 Rue du Bosquet à Marseille quelques mois auparavant. Ma nièce Jocelyne avait 11 ans, Patricia, 9 ans, Philippe le batteur, 7 ans…

Le « salon » de chez Claire était le QG de la famille en exil. Entre temps, Raymond Leyris, s’était fait assassiné en Juin 1961 je crois, a Constantine (lire les Pays d’Avant de Raphael). Nous venions donc a peine d’arriver à Marseille. La nouvelle venait de s’abattre comme un obus de 240 mm sur la communauté exilée.

Je revois ma pauvre mère déjà suffisamment épuisée par cette tragédie du déracinement, se frappant le visage et pleurant à grosses larmes.

3 mois plus tard, en Septembre 1961, de cette même année, elle rendra son âme au Créateur après une terrible agonie qu’il m’est difficile d’oublier.

Je m’oblige, par devoir de mémoire toujours, à affronter ces instants tragiques, a survivre même. Cela aide a comprendre beaucoup de choses sur la vie et me «blindera la peau et l’esprit ». Je crois que les difficultés offrent comme avantage certaines facultés. Elle avait « rendu son mandat » à l’Eternel, phrase que je retiens de Pierrot (Raphael) et qu’il m’avait dit lorsque je lui avait téléphone d’Israël pour lui présenter mes condoléances, en regrettant la disparition de notre Cher Oncle Tonton Henri…

« Rendre le mandat après avoir termine sa mission sur terre »…

Aznavour venait d’écrire …La Mama…Paroles et musique qui me pincent le coeur et coince ma gorge jusqu’a présent lorsque je l’entends…

Au Prado, me rendant a l’hôpital de la Timone, je rencontrais Sylvia Taieb des E.I., la fille de « Sam le Boucher », et lui annonçait la disparition de ma mère… Attristée et choquée, elle me présenta ses condoléances.

 

Rolland (34 ans) était encore a Constantine pour finaliser de la paperasse administrative, puis arrivera avec sa valise, lorsqu’elle sera dans son cercueil, avant son enterrement au cimetière de Saint Pierre. Il n’assistera pas (heureusement d’ailleurs pour lui) à ses derniers soupirs. Il en fera une maladie!

Jaky, mon frère Cadet, grand sensible n’arrivait plus a contenir ses nerfs et suppliait ma mère qui agonisait, d’arrêter de râler et d’aller rejoindre ce monde ou parait-il tout est paradisiaque. Elle était allongée sur un lit dans la chambre a droite de l’entrée de l’appartement de chez Claire et Rolland.

Dans des moments pareils on se rapproche l’un vers l’autre puis l’on s’éloigne l’un de l’autre, recherchant une ile paisible, pour se faire de l’ordre et se « réorganiser ». Individuellement et collectivement.

Nous étions tous unis par un terrible désarroi, plonges dans la tristesse de ces années et évènements qui tracent parfois qu’on le veuille ou non, le destin de chacun.

 

1961-1962 – Tonton Daniel

Je revois plus tard , ensuite, mon Oncle Tonton Daniel, exile lui aussi, assis par terre, sur le sol de la terrasse de chez Claire et Rolland, sous un ciel bleu Marseillais et un soleil agréable, vêtu d’une grande gandoura blanche, les cheveux gris, rétamant les plateaux de cuivre. Il avait près de lui une bouteille d’anisette, un verre qui servait de « vase communicant » de l’eau fraiche et des glaçons. Il était joyeux et buvait pour noyer sa tristesse. Claire lui servait de la «kemia », des olives, des « krafetz » (carpatz en hébreu, céleris en français) pour lui faire plaisir et il nous adorait, nous glissant le peu de pièces qu’il lui restait encore a donner de tout coeur a ses neveux et nièces.

C’était le Camp «d’ADRAINASS» de chez Claire et Rolland…1961-1962…

Il y aura de nouveaux départs vers de nouveaux horizons. Tout est question de temps.

 

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