danieldrai

La notion de « chose » chez Durkheim, Husserl et Freud

LA NOTION DE « CHOSE »

CHEZ

DURKHEIM , HUSSERL ET FREUD

A propos des deux dichotomies

«  faits- valeurs » et «  être – devoir être »

 

( Paru dans  Analisi et  Dirito , 2009 )

 

L’étude qui va suivre s’attachera moins aux notions de fait , de valeur , d’être et de devoir être , considérées selon leur sens intrinsèque , qu’aux dichotomies qui les opposent  l’une à l’autre puis deux à deux . Une dichotomie n’est pas une opposition . Celle ci postule la valeur  spécifique des termes opposés , qu’elle relie néanmoins à sa manière avant de les dialectiser . Dichotomiser revient à juxtaposer deux postulations de sens exactement inverse ,  à accoler sans nul lien entre elles deux négativités réciproques .On a tenté de le montrer dans une précédente étude à propos de la dichotomie des points de vue dits «  interne » et «  externe » en théorie juridique [1]. De la même façon « fait » et « valeur » , « être » et « devoir –être » peuvent –ils être ainsi dichotomisés sans que le processus même de la pensée :  le penser , en soit gravement atteint , comme lorsqu’une dichotomie semblable sévit à propos des notions de « sujet » et « d’objet » ?  . Les processus cognitifs ne sont pas dissociables des processus psychiques conscients et surtout inconscients . Quant il est employé , sans antisepsie , le mot dichotomie  conduit à identifier le mouvement d’un clivage , d’une spaltung , qui partage le sujet supposé penser et parler en deux parties hétéronomes , sans plus de lien entre elles , l’une affublée du qualificatif  de « bon » et l’autre de «  mauvais » , comme quoi la valorisation apparaît avec les commencements mêmes de la vie psychique .

Pour se dégager de telles dichotomies , il ne suffit pas d’élever une plainte à leur encontre . Il importe plutôt de leur dégager une issue , même si celle –ci n’a pas , pour commencer , la largeur d’une avenue . La notion de « chose » semble l’indiquer . Non parce qu’elle se surajouterait , du dehors , aux  notions précitées en leur imposant sa signification  impérieuse , mais surtout parce qu’elle permet , d’une part , de réintroduire les dites dichotomies dans une analytique plus dynamique et , d’autre part , de discerner une voie véritablement transversale entre ces quatre disciplines fondamentales en sciences humaines et sociales : le droit , la sociologie , la phénoménologie et la psychanalyse . Notre propos n’est pas de les fédérer autour de l’ « objet- chose » , si l’on peut ainsi s’exprimer , mais de montrer que la dite «  chose » se retrouve explicitement en chacune d’elle et que , de la sorte , elles se trouvent réunies , à tout le moins,  par une communauté d’interrogations , laquelle les fait d’ores et déjà échapper aux dichotomies qui les séparent parfois  en camps retranchés les uns vis à vis des autres .

mensonge

I . «  IL FAUT TRAITER LES FAITS SOCIAUX COMME DES CHOSES » ,  MAIS QU’EST CE QU’UNE CHOSE ?

La formule se trouve , on le sait , dans le livre classique de Durkheim «  Les règles de la méthode sociologique »  [2]qui consiste en une véritable déclaration d’indépendance de la jeune sociologie au regard de la philosophie et de la psychologie .Elle peut toutefois prêter à malentendu si elle est interprétée à contre -sens telle une directive tendant à la réification des faits sociaux  dont on se demanderait alors en quoi consisterait leur «  sociussité » , pour user d’une pareil néologisme , le mot «  socialité »  revêtant une autre signification encore . Pour bien le comprendre , une mise en place du débat est indispensable au regard de la théorie juridique  en vue du délestage  de nos antinomies , dès lors que la première de toutes les choses sociales est bien la  Res Publica , la Chose publique .

Quoi qu’il en soit la Chose se retrouve clairement en droit positif , par exemple dans le droit des contrats .Pour être valide , un contrat , au sens juridique , doit avoir un objet  qui soit le support , matériel ou non , de la transaction  , et une cause .L’un et l’autre interagissent puisque , selon le Code civil , cette cause ne saurait être illicite ou immorale . Par quoi se trouvent légalement liés le fait , la norme  et la valeur , ces deux dernières pouvant d’ailleurs évoluer en même temps par exemple que la notion de « bonnes mœurs »[3] . Le droit de la responsabilité distingue également le fait dommageable causé par des personnes ou par les choses que l’on a sous sa garde . Et là aussi apparaît le lien entre le fait éventuellement préjudiciable , la norme , sous l’aspect de la garde , et la valeur inhérente à l’idée même de responsabilité , sous son double aspect : illocutoire ( répondre à ) et éthique(   répondre de) . Ces considérations auxquelles l’on se bornera interdisent donc de confondre le fait social comme chose et la chose comme réalité réifiée . La Res latine n’indique aucunement un tel aplatissement de sens  réduisant la factualité en facticité [4] .

La directive durkheimienne incite plutôt à un retour au réel  et à une réorientation vers celui- ci à partir des préjugés de l’éthique ou de la morale qui dictent ce qui doit être avant de comprendre ce qui est , et à partir des prénotions de la psychologie qui  ne  perçoit dans la réalité que cela qui convient à la vision du monde et donc aux valeurs inéprouvées  du sujet percevant puis , ne l’oublions pas , jugeant .Comme le soulignerons plus tard , et en s’autorisant de Bachelard , Bourdieu , Passeron et Chamborédon , un fait  au sens de la sociologie scientifique et professionnelle , doit être conquis , constaté et construit [5]. Autrement , il se réduit à un artefact  n’ayant même pas la dignité de fiction . Pourtant , la directive durkheimienne , ainsi commentée , n’en côtoie pas moins un certain  nombre de récifs . D’abord un fait , serait –il scientifiquement constitué , reste toujours un artefact parce qu’aucun «  facteur » ,  ou « effecteur » , n’est totalement dépourvu  de  préjugés et de prénotions . On le vérifiera d’ailleurs avec Durkheim lui même . Dans l’ensemble des «  Règles de la méthode sociologique » celui ci ne se départit pas de l’égalité de ton qui convient à son sujet et qui contribue à la rigueur des démonstrations qui l’éclairent et qui l’étayent . A un seul endroit ce ton se désunit , devient polémique et tourne presque à l’invective : lorsque Durkheim ,  croyant devoir  produire un exemple  particulièrement criant de prénotion  met en cause son collègue Darmesteter , spécialiste du domaine biblique et talmudique , en lui reprochant avec véhémence d’avoir  prétendu  que pour  pénétrer dans ce domaine : « il faut avoir conservé en soi le souvenir  , serait –il atténué,  d’au moins un verset des psaumes » . Freud ne dira pas autre chose à son disciple  Karl Abraham mais plus sereinement en affirmant  qu’ils conservaient vivaces en eux une part de « l’esprit talmudique » .  Et d’ailleurs Freud ira beaucoup plus loin encore dans une lettre au « Bnai Brith » [6]. Alors par où passe la voie véritablement scientifique et par où le chemin des prénotions ? N’est- ce pas déjà une prénotion manifeste que de prétendre barrer en soi toute rémanence de sa propre généalogie ? Faut –il rappeler que Durkheim était le fils du grand rabbin d’ Epinal et que sa «  traque » des prénotions peut parfois prendre les allures d’un déni de toute antécédence ?

Cette observation soulève au demeurant une question fort complexe de sociologie de la connaissance au regard du sujet qui nous occupe .  Rousseau ne déclare t –il pas au commencement du « Discours sur l’origine de l’ inégalité » : «  Et pour commencer , écartons tous les faits … »  Rousseau et Durkheim en évoquant chacun de tels faits pensent –ils à la même … chose ?

Dans la généalogie de la dichotomie « fait- valeur » , le nom de David Hume apparaît en tout premier lieu . Son affirmation est axiologique selon laquelle  de nul fait une  norme  et à plus forte raison une valeur ne s’infèrent ni ne se déduisent spontanément et directement .L’une et l’autre résultent soit de l’habitude , soit de la contrainte exogène . Se trouve  ainsi mis en question l’ordre normatif et moral imposé au nom d’une religion , laquelle rapportera tout élément du réel , baptisé Création , à la volonté d’un Dieu tout- puissant  en qui se confondent la Providence , la causalité et la prédestination absolues . Disjoindre la factualité , la normativité et la foi , c’est donc  restituer à la pensée son chenal vital et permettre à l’esprit de recouvrer la liberté qui le fonde et qui le qualifie . On voit  par là que la pensée de Hume est aussi , quoi qu’on en pense , une idéologie de l’anticléricalisme qui impute tout système de valeurs à une volonté de puissance confessionnelle et de direction autoritaire des consciences .

Ce rappel éclaire d’un jour particulier un autre pan de la sociologie de la connaissance à ce sujet . Nombre de fondateurs ou de pionniers  des sciences humaines et sociales sont d’origine juive , soit qu’ils assument cette généalogie , fût ce à leur manière , comme Freud , soit qu’ils la renient comme Marx , soit qu’ils demeurent malaisément entre deux rives , comme Bergson . Il n’en va pas autrement en théorie juridique , avec les mêmes observations , qu’il s’agisse de Kelsen , de Hart , de Dworkin , ou de Perelman . Dans tous les cas , il faut tacher de comprendre si le refus d’une échelle de valeurs préexistante ou d’une normativité précontrainte , et l’investissement dans le seul réel ,considéré comme exclusivement  positif , – serait –il transmuté en « réel social » –  n’indique pas aussi une forme d’identification à cet anticléricalisme là , surtout  lorsqu’il traduit , en outre , la réaction épidermique des adeptes d’une religion comme la religion juive , ou de leurs descendants, d’une religion  stigmatisée au cours des siècles par l’enseignement du mépris .

Dans ces conditions  l’intrication dans une forme de pensée toujours dichotomisée n’est elle pas également le signe que cette stigmatisation produit ses effets sempiternels ,  avec des conséquences fort négatives pour des adeptes du positivisme ou du réalisme , de ce réalisme dont Léon Brunschvicg disait qu’il «  se fait ombre à lui même »  dés lors qu’il n’échappe pas , loin s’en faut , à l’idéalisme qu’il dénonce , ne faisant que le déplacer , ou que l’inverser , puisqu’il contribue , si l’on y prend garde , à  l’idéalisation du réel , comme s’il existait en soi . Par suite tout « fait » ainsi conçu et figé  sombre dans une « artefacticité » aggravée .Faut –il rappeler que « fait » vient du latin factum qui désigne ce qui est déjà fait , accompli , situation qui peut se révéler fort ambivalente selon que l’on prendra acte du «  service  fait »  ou qu’on déplorera  «  un fait accompli » . Dans le premier  cas , le service fait ne doit pas faire oublier celui qu’il reste à faire , et dans le second , le fait accompli ne saurait maquer l’élément de  brutalité , physique ou intellectuel qu’il comporte . Aucun « fait » ne saurait tenir lieu indéfiniment du «  faire » , ni aucun factum du processus infini de l’effectuation , de même qu’aucune idée ne peut résorber en elle l’idéation ,  ni aucun « insight » les flux de conscience chers à James et à Proust .Sans pour autant tomber dans l’excès inverse : la mise en question obsessionnelle , le perfectionnement persécutoire ,l’incapacité de conclure , annoncent ,  après les hémorragies verbales ,les proches dissolutions de l’argumentation raisonnée. De même que « synchronie » et « diachronie » ne sont que des points de vue sur une situation ou que la « structure » et « l’événement » s’avivent mutuellement . Aucun fait ne saurait être hyperbolisé sans emboliser la conscience tout entière . Aucune valeur ne saurait être hypostasiée  sans obnubiler la conscience morale qui s’en prévaut . Et  c’est sans doute ce qui explique le parti pris de Rousseau au début du « Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité », parti pris qui semble se situer à l’exact opposé de la formule-choc , trop souvent transformé en slogan , de Durkheim.M ais Durkheim était –il réaliste en ce sens  trivial ?

Certainement pas .

Pour les raisons suivantes . Raison méthodologique à finalité épistémologique tout d’abord . Un fait scientifique n’est jamais établi une fois pour toutes .Il l’est sous condition suspensive puisque la recherche elle même , avec les enquêtes qui l’étayent , ce cesse pas .De ce point de vue , Popper rejoint Durkheim .L’exercice de la raison est lié, quoi qu’on en ait , à une échelle de valeurs . La valeur explicitement scientifique  découle de l’impératif «  il faut ..»  . Cet impératif s’adosse à un interdit : il ne faut pas traiter les faits sociaux autrement que des choses .Sinon ce mode de maltraitance scientifique aboutirait à l’invalidation  de la prétendue thèse postulée .  D’où l’incidence éthique d’une  telle attitude : traiter les faits sociaux comme des choses ,c’est réversiblement  considérer les choses , non comme des objets inertes , mais comme des réalités sociales , autrement dit intrinsèquement relationnelles , Husserl dira : intersubjectives , à condition de ne conférer à cette expression aucune sens individualiste et «  psychologisant » .

La valeur de cette relationnalité , Durkheim l’explorera dans « La division du travail social »[7] , par la différence entre solidarité mécanique et solidarité organique . Seule cette dernière fonde la relation sociale , à proprement parler , puisqu’elle en postule la valeur de principe . Il l’éclairera aussi dans « Le suicide » [8]. Celui -ci se trouve intimement lié à l’anomie qui frappe les sujets sociaux désireux de mettre un  terme à leur existence parce que celle – ci se révèle , in fine , dépourvu de tout « nomos » , mais aussi , in extremis , de toute valeur . C’est dans un texte moins connu , consacré à la notion de couple et de rencontre , que Durkheim éclairera sans doute le plus nettement la qualité vitale  attachée  à la socialité [9]. De ces rappels , il résulte que la « chose » durkheimienne –ne se réduit pas à une espèce de minerai figé , « posé- là » , comme dirait cette fois Heidegger . Tout fait social est inséré dans un tissu de normes et de valeurs , celle-ci tirant leur qualité essentielle non d’être dictées d’autorité , imposées et valorisées à priori , mais d’être déduites , quoi qu’en pense Hume , du fait vital lui même , la vie n’étant certes pas un phénomène aléatoire et inconditionné . Mais , comme on l’a dit , la notion de chose , en tant qu’elle  conjoint le fait et la valeur,  au lieu de les  cliver ,se retrouve chez Husserl avec des significations et des incidences différentes mais non pas  forcément antagonistes .

II . HUSSERL OU LES «  GRUND NORMEN », HEIDEGGER  OU LA «  CHOSE » QUI RASSEMBLE .

Husserl et Durkheim me s’entre- citent pas . Pourtant ils traitent d’un même sujet .Husserl traitera souvent , à son tour , de ce qu’il nomme « Das Ding » , qu’il différencie , comme on le verra de « Die Sache » [10].  Avec d’emblée une différence d’angle de vue et de perspective . Pour Durkheim , en lutte contre le psychologisme , ce point de vue ne pouvait être pris que du dehors , le fait social étant lui même exogène et même coercitif vis à vis de l’individu . Pour Husserl il en va autrement . S’il enjoint aussi de quitter les limbes des abstractions et de revenir aux choses , ce retour doit aboutir à s’y retrouver à faire partir à la fois du « inwelt » et du « umwelt » , du monde aperçu du dedans et sollicitant le sentiment d’une commune appartenance . En somme , et prenant le mythe platonicien à rebours , il faut revenir dans la caverne  si l’on souhaite admirer les fresques  qui y sont peintes  A partir de quoi , dans ce monde qui n’est autre que celui de l’esprit , toute « chose » se situe dans un réseau d’appartenances multiples qui constituent à la fois sa réalité et sa valeur .On pourrait mieux le comprendre , en cas de besoin , en se reportant à la place du miroir et des personnages du tableau de Velasquez : « Les Ménines »  dont Michel Foucault a  développé un commentaire mémorable,   ou bien en reprenant les déploiement de sens opéré à partir d’un « simple » coquillage par Françis Ponge dans Le Parti pris des Choses.

Il n’en demeure pas moins que la Chose , en effet , qui toujours «  fait face » , apparaît  selon deux configurations , et dans deux réseaux d’appartenance qui ne se confondent pas : «  Les choses ( Dinge ) me font face en tant que choses objectives (Sachen) . Les esprits me font face en tant que je les aborde ou bien en tant que je suis abordé , en tant que je les aime , ou qu’ils m’aiment . Je ne vis pas de façon isolée , je vis avec eux une vie commune » . Et Husserl ajoute , ce qui atténue très fortement notre antinomie initiale : « Les choses sont inertes et n’acquièrent une spiritualité que dès lors qu’on leur confère ensemble une valeur » .Pour Husserl l’activité à la fois intellectuelle  et spirituelle  de valorisation commence avec la vie même , dès que s’instaure la relation à autrui , à quelque degré de conscience que cela soit . Indissociable de la relation sociale , la vie de l’esprit s’exprime par l’intentionnalité  qui nous constitue au monde en même temps qu’elle constitue les objets : « Sachen » et « Dingen » , que nous visons , sur des plans et avec des finalités différentes .L’on pourrait ajouter que  cette différenciation  constitue le processus de valorisation lui même  . Celui – ci ne consiste pas à distinguer le mal et le bien . Il consiste aussi , à y établir des degrés . Si le XXeme siècle a pu révéler le mal absolu dont Kant avait eu l’intuition , le bien en soi et loin d’être accompli  pour autant  et , à  supposer qu’une idée du bien absolu  soit concevable , dans un univers qui reste encore celui de la rareté , tout ce bien ne saurait être accompli d’un seul coup et sur le champ .D’où le besoin d’établir un ordre des priorités qui n’affecte pas l’essence même des biens à réaliser mais qui détermine l’urgence  plus ou moins vitale de leur réalisation .

La théorie husserlienne de l’intentionnalité  présente cependant un point ardu de discussion , sinon un point faible . Si elle permet de récuser  la tentation mais aussi l’erreur du naturalisme , qui incite à traiter les individus comme des entités mathématiques – et encore d’une pseudo- mathématique , tant elle apparaîtrait simpliste , triviale et … anthropomorphique –  comment échappe t –elle au piège du solipsisme ? Elle doit donc nécessairement s’entendre avec les autres .Comment le pourrait – elle ? Par l’engagement dans la relation intersubjective , qui est , en même temps , et indissociablement , épistémologique , et éthique . Epistémologique , parce que le fait -de –pensée , le noéme , ne doit pas obstruer le fait de penser , la noése , de même que la forme :  « Gestalt » , ne saurait obstruer la formation « Gestaltung » , ni la créature empêcher la création , la genèse .Aussi l’intentionnalité épistémologique doit-elle  viser un autre plan que celui des « Sachen » . Elle doit viser l’univers des autres intentionnalités pour tenter de s’y accorder mais sans empiètements indus .Les actes ainsi conçus , Husserl le précise : «  produisent une unité supérieure , de personne à personne , et qui comprennent en eux le monde des choses comme un monde commun de jugement , de la volonté , de l’évaluation . Ce monde pour autant qu’il contient ces actes reçoit le caractère d’un monde social , monde qui a acquit une signification spirituelle » . On voit mieux à présent sur quels plans Husserl et Durkheim peuvent se rejoindre et sur quels points ils divergent , dès lors que la sociologie  ne traite pas des faits sociaux comme de faits «  spirituels » , autrement dit métaphysiques qu’elle estime , à tout le moins , ne pas appartenir à son ressort . Pour Husserl , le monde , n’est pas seulement une collection de choses, auraient elles apparence humaine .Dans ce monde s’investissent également des corps , des chairs , des affects , de haine ou d’amour , des valeurs parcellaires et non encore éthiquement fiduciaires , des langues diversifiées qui ne disent pour commencer que le soi -même .

Mais comment à partir de  pareilles solipsismes natifs  et  effervescents , accéder au domaine du jugement, lequel implique non seulement une intersubjectivité duelle mais une intersubjectivité ternaire si un juge ou un médiateur y intervient ? Le Droit  retrouve alors son office .D’ordinaire , la notion , si problématique , de « Grund norm » est attribuée au seul Kelsen avec les débats que l’on sait . Or elle se trouve aussi  chez Husserl qui lui confère toutefois un sens différent : il n’y pas pour lui de « Grund Norm » simple . Ce qui est ainsi nommé est constitué par un ensemble de plusieurs « Grund Normen » , dont chaque élément provient de la « Grund Norm » relative à un  ensemble humain déjà spécifié  .D’où la modification  qui s’ensuit dans la représentation du monde des normes . Celui –ci  ne se configurera pas en hiérarchie mais en ensemble . La hiérarchie tombe sous le coup de la critique adressée par Bergson au géométrisme ,  qui n’est à l’aise que dans «  l’immobile , le discontinu et le mort ».L’ensemble des « Grund Normen » conduit nécessairement à leur propre inter- subjectivation.L’on comprend mieux t comment se constitue l’univers husserlien : en paliers successifs  . Le sujet intentionnel vise un horizon qui ne se réduit pas à la projection dans un espace latéralisé .L’intentionnalité vise aussi un «  verticon » , si l’on peut ainsi le qualifier , une dimension ascendante qui la dégage de ses tropisme vers le bas ,  topologiquement parlant  , et vers la bassesse morale . La verticalité est aussi un horizon , mais  envisagé vers le haut , lequel correspond à la hauteur des vues du sujet qui entreprend de penser  et à  son élévation morale .

Cette vue des choses , ne se ramène pas non plus à une sorte d’esthétique banale consistant à trans-valuer verbalement un réel sans valeur intrinsèque  . Faut –il rappeler  que Husserl les développa encore plus dans sa célèbre « Krisis »[11], autrement dit dans un temps où la montée du nazisme pouvait leur conférer un caractère pathétique , certes , mais dérisoire . La « Krisis »  constituait à sa manière l’affirmation que le monde des choses regardées en face et celui des humains «  intentionnels » résisterait à sa négation par des organisations où le Führer faisait la Loi , était la Loi , une loi dépourvue de véritable « Grund Norm » , entendue dans le sens qui vient d’être précisé . Comment en douter alors que dans les camps de concentration –conçus comme l’exact inverse de l’ensemble humain – les détenus voués à l’extermination n’étaient même pas considérés comme des choses ,  au sens banal , mais traités comme des « stucke »  , des bouts d’on ne sait trop quoi , des « machins » identifiables pour peu de temps encore par le numéro tatoué sur leur  corps décharné bientôt réduit en cendres .

Mais dans la foulée de Husserl , Heidegger  lui aussi a traité de la Chose :  « Das Dinge » , dans des termes qui confortent ceux de Husserl en leur apportant , comme il se doit , des prolongements nouveaux [12]. A ce propos on ne reviendra pas sur les déboires rectoraux de l’auteur de « Sein und Zeit » , à l’époque hitlérienne . Quoi qu’il aura écrit après , Heidegger l’aura fait dans l’ombre de cette faute aussi grande que le furent ses aptitudes de penseur car dans ce domaine aussi le don oblige . Cela dit , Heidegger s’est interrogé sur l’état de la relation humaine dans les temps actuels  , un temps où la « proximité » , fallacieuse ,n’a rien à voir avec la réduction des distances physiques ou géographiques , ni même avec le caractère quasiment simultané de l’information . Certaines formes de proximité prétendue ne font en réalité que maintenir l’Être éloigné , au point d’occulter ses propres manifestations ou révélations . Celles- ci ne deviennent possibles qu’à partir du moment où l’action des êtres engendre d’abord un dé- loignement , si l’on peut dire , puis un rassemblement . La Chose y contribue .

Soit le récipient fabriqué par le potier . Il circonscrit un vide par des parois ayant leur propres formes et leurs dimensions  déterminées . Il en résulte que le vide initial se transfigure et devient contenant qui en appelle à un emplissage  puis à un déversement , autrement dit à l’acte social par excellence puisqu’il rassemble les convives ou les commensaux en hospitalité . Toujours selon cette visée , le savoir- faire du potier permet au récipient de se maintenir mais aussi d’être tenu , selon son usage . C’est alors que la chose et le mot qui la désigne coïncident .La Chose se nomme dans ce langage « das Ding » ,  du même mot qui désigne l’ Assemblée de ceux qui délibèrent avant de décider mais de sorte à préserver ou à constituer une  proximité digne de ce nom . Elle cheville ce que Heidegger nomme le Quadriparti , soit ce qui assemble  les êtres , les choses , les mortels et les immortels [13]. La constellation de sens pourrait s’élargir encore dés lors que « Ding » , entendu en ce sens ,  mène à « Danke » , qui désigne le remerciement , sans parler du « Denke » désignant, cette fois , la pensée  puisque Heidegger retrouvera cette interrogation en se demandant  encore plus directement : qu’est-ce que penser ? [14]

La considération de la chose comme « das Dinge » , aussi bien chez Husserl que chez Heidegger , conduit à en enrichir l’enchâssement social , à condition de se départir d’une représentation «  chosiste » , réifiée , de la société , comme conduirait à le croire une version vulgarisée et hâtive de la « règle des règles » durkheimienne , et nous y reviendront à propos de Freud . La Chose devient cet objet qui n’est pas seulement jeté -là , en cette facticité de déréliction analysée dans Sein und Zeit . Elle est particularisée  et valorisée par l’intentionnalité qui la vise de la part d’un sujet  ayant abandonné toute  prétention à la Seigneurie sur la nature asservie à ses vues . Cette intentionnalité vise un horizon qui l’incite à se déployer à et s’exhausser  dans la direction d’une transcendance qui ne soit pas imaginaire .Autant dire que cette intentionnalité là se prolonge dans une véritable historicité conférant à l’ Être le temps nécessaire pour son advenue . Mais cela présuppose que la question de l’inconscient soit également abordée puisque Husserl lui même à propos de l’intersubjectivité appelait le développement d’une véritable psychologie scientifique qui permît  d’en comprendre la genèse , les processus et les finalités , Freud pour sa part évoquant sur ce plan les pulsions et leur destin .

III . LA «  CHOSE »  FREUDIENNE

La théorie psychanalytique , après Freud , distingue , elle aussi  deux états de la chose ,soit qu’elle la considère comme « Die Sache » soit qu’elle la pressente comme « Das Ding »[15] . Sachant que Freud et Husserl ne s’entre- citaient souvent ,cette communauté de vue recèle bien une signification heuristique , sauf que pour Freud , il y va , on l’a dit , de l’aiguillage des deux pulsions , l’une de vie , qui lie , l’autre de mort , qui brise .Comment se présente alors nos deux dichotomies chez ce dernier ? L’éthique de la psychanalyse est moins simple qu’on ne l’imagine . Contrairement aux caricatures qui parfois ont cours , elle ne se réduit pas à une permissivité totale . Pas plus que  l’injonction lacanienne «  ne pas céder sur son désir » ne signifie que seul ce désir là , quel qu’en soit le tropisme , ferait loi de soi . Freud n’est pas Kant . Il n’est pas Sade non plus . En quoi  se distingue t-il de Durkheim ? Au moins sur deux éléments concernant l’articulation de l’identité du chercheur et de son objectivité .

A la différence de Durkheim , Freud estimait qu’il était illusoire de vouloir se départir de son identité ,de sa constitution primordiale . Il n’a jamais nié ni dénié qu’il fût «  constitutionnellement juif » même s’il l’était à sa manière :  irréligieuse et non pratiquante , ce qui ne l’a pas empêché , comme  Durkheim d’ailleurs , d’être le fondateur d’un mouvement qui pour se vouloir scientifique n’en appelait pas moins à la fidélité de ses «  croyants » . Ce qui n’aurait qu’une importance résiduelle si Freud n’avait pas toujours affirmé la primordialité de sa propre échelle de valeurs , se projetant  dans les comportements de tous les jours : ne pas mentir , ne pas voler , tenir ses engagements , respecter la faiblesse et la vulnérabilité d’autrui . Et s’il lui est arrivé de considérer que ses contemporains fussent souvent «  de la canaille » , il ne les a jamais traités comme tels . De même s’il a pu juger que l’injonction : «  Tu aimeras ton prochain comme toi même »  confinait à un « credo quia absurdum » , il n’en a pas moins affirmé la primauté d’ Eros sur Thanatos pour qualifier une civilisation digne de ce nom.

Cependant , la pratique de la psychanalyse interdit que cette échelle de valeurs se perfuse dans la pratique de la cure . Celle- ci exige non seulement une neutralité axiologique fondamentale , à l’instar de celle que Weber préconise , mais elle interdit toute forme de jugement sur les motivations conscientes et inconscientes du sujet engagé dans ce véritable travail d’élaboration parfois nommé « durcharbeit » qu’est la psychanalyse pratiquée  . La règle fondamentale est à deux versants : l’analysant s’engage à tout dire – l’on dirait presque : enfin – et l’analyste s’engage à ne porter sur lui aucune jugement de valeurs . La cure analytique doit éviter de se transformer en direction de conscience et telle fut l’une des causes de la rupture de Freud avec tel ou tel de ses anciens disciples , à commencer par Jung .

Cela précisé , sur quoi porte de manière plus précise la différence entre « Die Sache » et « Das Ding » ? L’accès vers l’une et l’autre ne s’opère que par le langage en tant qu’il nomme et que, nommant,  il représente . Freud ne  postule pas l’existence d’une Chose en soi , ou alors , elle est en soi telle que nommée . La dénomination est tellement importante que parfois le mot ( das Worte) se substitue à la chose et , comme dans la pychose , prend  une consistance propre , une autonomie  . La folie se profile alors car comment parler le langage ? Celui ci est voué à dégénérer en délire .C’est pourquoi la dénomination de la Chose , en tant que « Die Sache » , doit s’opérer de manière graduelle et adéquate ,  si nécessaire par approche  prudente , par l’équivalent verbal de la rature  pour l’écriture . La rature n’est pas une surcharge du texte mais d’une part son « apuration » et d’autre part sa « secondarisation »  . Comme dans le travail du rêve ,  le travail de l’écriture – qui demeure parole transcrite –  doit passer de l’impulsion première  , celle qui dit et dicte le désir  à l’état brut , sans acception de personne , à sa formulation recevable , dès lors qu’est prise en compte l’existence de l’ Autre . Autrement celui- ci fera reconnaître sa présence de manière plus réactionnelle .

Ainsi en va t-il du lapsus , verbal ou calami qui surprend la parole primaire  ou  le premier jet par lesquels le sujet parlant , ou écrivant , faisait comme s’il était seul au monde . Ce lapsus prend sa parole à défaut ,  déjuge sa prétendue seigneurie , et le destitue de sa position narcissique primaire, le rendant aussi penaud « qu’un renard qu’une poule aurait pris » . A cet égard Lacan dit juste lorsqu’il  rappelle que le fait du lapsus  révèle la valeur de vérité .Cette vérité que l’on pensait dissimuler , censurer , en transformant le champ du langage et de la parole en scène de théâtre sur laquelle le sujet joue sa propre comédie , cette vérité là est bien celle du prétendu « sujet » souverain qu’elle rappelle à elle même et à lui même avant tout rappel du public .Autrement dit le lapsus ,  qui est plus une trouée, une percée respiratoire qu’un accroc et un trou malencontreux dans le langage, constitue bien une manifestation de la « vérité vraie » du sujet , pour ne pas dire qu’elle le révèle .

Freud alors distinguait à son tour « Die Sache » et « Das Ding » . La « Chose » qui relève de la première conceptualisation  se nomme comme si elle se réduisait à elle même .Elle manifeste la position psychique d’un sujet qui croit savoir ce dont il parle pour l’analyser . La Chose se fait ainsi  ( petit ) objet . Sauf que ce dernier ne tarde pas à vivre de sa vie propre , à  ne plus se laisser cerner par le langage courant  ni  à se laisser configurer par une vue habituée . Cet objet là d’un coup polarise des affects , d’amour et de haine , lesquels parfois  s’y coagulent en déniant le principe , autrement rhétorique , de non- contradiction . Mais surtout cet objet là se polarise sur des fragments de corps qui lui confèrent son étayage le plus primitif et sa valorisation la plus tranchée . Lorsqu’il satisfait  au principe de plaisir , il est considéré comme « bon » .Impose t –il l’attente  ou inflige t –il une frustration : il deviendra « mauvais » sans pour autant perdre sa valeur initiale . D’où résultent parfois des troubles de l’identification et de la prise de décision  difficiles à dénouer . Au demeurant,  lorsque cet objet s’éloigne ou s’absente , il ne disparaît pas . Il commence à vivre d’une vie séparée , et se fait représenter par son ombre qui pèse parfois plus lourd que son poids propre , comme dans les accès de mélancolie qui résultent des deuils perpétués . Et lorsque cette absence semble encore plus insupportable , l’hallucination de l’objet vient occuper sa place autrement vide . Quoi qu’il en soit , d’une manière ou d’une  autre ,  cet objet là peut être identifié et se représenter par un mot , ou une séquence verbale serait elle laborieusement reconstituée . Il reste donc « Die Sache » . II  n’en va pas tout à fait de même pour « Das Dinge » . Pour bien le comprendre et ne pas s’exposer à l’on ne sait quel mysticisme de la chose ou effroi devant l’ Inconnu , il faut se reporter à un autre éclairage de Freud  .

Dans son étude « Die Unheimliche »[16], Freud décrit ces états , eux aussi profondément troublés , dans lesquels une situation , et même un objet , tout à la fois évoquent une réalité déjà connue et suscitent un malaise difficilement maîtrisable , parfois une inquiétude diffuse. Ce n’est pas exactement ce que décrit Jankélévitch dans le « Je ne sais quoi et le presque rien » . « Heim » désigne en allemand ce qui est à la fois soi et sien ,  d’où « Heimat » , la patrie .L’ « Unheimiche » révèle un état  dans lequel les repère habituels du sujet existent toujours mais en perdant leur fonction , un peu comme des vestiges  en voie d’effacement .Si l’ « Unheimliche »   se rapproche du pressentiment , c’est bien qu’il n’annonce pas ce qui est totalement inconnu .L’ « Unheimliche » laisse pressentir l’étrange familiarité d’une chose, celle qui gîte dans l’inconscient , d’où elle commence à exsuder , à suinter , laissant discerner sa présence , sans permettre de l’identifier exactement , d’où  souvent la sidération ou la panique qu’engendre sa manifestation. Il est parfois expédient d’évoquer « l’Autre » à son propos . « Das Dinge » manifesterait la présence ou l’existence de cet Autre par lequel la prétendue souveraineté du Sujet est déniée .Tout le travail analytique conduira , non sans effort , à supporter cette présence dénégatrice  par laquelle «  Das Ding » ne correspond pas seulement  à la chose qui ne se laisse  pas posséder mais encore à un douloureux défaut de l’être , puisque faute de l’avoir , c’est bien l’être qui vient à manquer . Quelle est l’issue , s’il y en une ?

Freud l’indiquera par deux formules  .D’abord substituer au refoulement les actes de jugement , ce qui suppose que soit constituée ou reconstituée cette compétence , ou cette faculté vitale : la capacité de juger . Non pas qu’il faille réduire «Das Dinge » à «  Die Sache » , mais il faut bien que l’ « infamilier » redevienne familier ,  ce qui se rapporte nécessairement à l’anamnèse du sujet puisque l’expérience du familier tout comme l’épreuve de l’ « infamilier » se rapportent originellement à  la triade familiale  dans laquelle l’enfant tente de devenir quelqu’un mais qui ne soit pas tout à fait quelqu’un d’Autre .La  formule suivante est devenue presque un adage : «  Wo es war Soll Ich Werden » que l’on traduit : «  Là où Le ça ( l’inconscient ) était  le Je doit advenir » . En quoi cette directive  concerne t –elle la thématique générale du fait et de la valeur , de l’être et du devoir être ? Cette fois c’est Lacan qui le souligne : dans la formulation de Freud , « soll » n’est pas un verbe d’appoint  . Il se rapporte bien à « Sollen » , au verbe qui désigne rien de moins que le devoir [17]. Face à la chose , l’Etre ne  saurait être qu’un devoir- être . Le verbe être ne se conjuguerait donc qu’à l’impératif . Car autrement c’est bien la pulsion de mort qui fera la Loi . Sa Loi . Le devoir -être s’engage alors dans les débats moins faciles sur l’être- de -devoir , qui implique non seulement la reconnaissance d’un Loi de vie , dans son principe , mais une pratique des  formes de pensée , des gestes et des comportements qui l’inscriront vraiment dans l’au delà du principe de mort dont le plaisir n’est souvent que l’adjuvant .

 


[1] « Loi « interne » , droit « externe » . Les dangers d’une scission » , Revue interdisciplinaire d’études juridiques , Hommage à H . L .A Hart , 2007 , 59 . Cette étude appelle un complément à propos de la conception auto-poïétique du droit , notamment chez N . Luhmann

[2] PUF , 1954 .

[3] Raphaël Draï , « Variations sur la notion variable de bonne mœurs » , in Science administrative , éthique et gouvernance , PUAM , 2002 .

[4] Sartre , Critique de la raison dialectique , Gallimard , 1973 .

[5] Le métier de sociologue , Bordas , 1969 .

[6]  . Raphaël Draï , La communication prophètique , Tome II : La conscience des prophètes , Fayard , 1993 .

[7] PUF , 1972.

[8] PUF , 1968 .

[9] Cf Raphaël Draï , « Le couple et la science politique » , in Grands problèmes politiques contemporains , PUAM , 2000 . p .

[10] Sur l’intersubjectivité , Tome II , PUF , 2001 .

[11] La crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendantale ,  Gallimard , 1976 .

[12] Essais et conférences , Gallimard , 1969 .

[13] Jean – François Mattéi , Heidegger et Hölderlin , Le Quadriparti , PUF , 2001 .

[14] Qu’appelle t-on penser , PUF , 1959 .

[15] Jacques Lacan , « La chose freudienne » , in Ecrits , 1966 , p . 401 .

[16] Freud , L’inquiétante étrangeté et autres textes , Gallimard , 1993 .

[17] Loc . cit .

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