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Le sens des mitsvot: Paracha Metsora – Par le Grand Rabbin Daniel Dahan

29 Métsora14

Le corps miroir de l’âme

Le Sefer Ha’Hinoukh[1] comptabilise 11 commandements positifs contenus dans cette parasha, au rang desquels on trouve l’obligation qu’a tout lépreux (metsora), dans le cadre de son cycle de purification, de se passer le rasoir sur tout le corps[2] le septième jour. La source de cette obligation se trouve dans la Mishna de Néga’ïm (XIV ; 4) qui trouve un appui scripturaire dans le verset[3] : « Et le septième jour il rasera tout son corps… ».

 L’homme qui se trouve dans une situation aussi pénible que celle du lépreux aura à cœur de réfléchir aux causes de son mal et au moyen de l’éradiquer, non pas en s’attaquant aux seuls symptômes mais en allant aux racines du mal. Pour cela il se doit de réaliser que son attachement aux vanités de ce monde et son désir de dominer autrui par tous les moyens l’ont conduit au bord du précipice. La Torah va lui demander de se tenir à l’écart de la société dont il a perturbé l’harmonie afin qu’il puisse reprendre ses esprits spirituels et changer de voie. L’eau, on le voit dans le cycle de purification, joue un rôle majeur afin de replonger l’individu concerné dans un « bain de jouvence » spirituel, comme s’il venait d’être créé, à l’instar du monde qui, après le Chaos originel, était recouvert d’eau avant la création de l’Homme. Il se considérera comme venant d’être créé et démarrant une nouvelle vie.

 Il en sera de même pour le fait de se raser tout le corps, il faut que l’individu concerné se sente littéralement venir au monde pour la première fois. Il vient de naitre et sa pilosité vient d’apparaître. Cette renaissance spirituelle s’accompagne d’une renaissance physique.

 L’homme ou la femme, affligés de ce mal prendront soin de respecter scrupuleusement le cycle qui les mènera à la rédemption tant matérielle que spirituelle. Le metsora n’existe que dans une époque de relation intime avec le divin, c’est l’ère de la prophétie qui prend, grosso modo, fin avec la destruction du 1er Temple. C’est une période où le corps est le reflet de l’âme, il laisse apparaître les défauts de tout un chacun.

Depuis l’Exil de Babylone (-587), c’est la Torah qui accompli cette mission purificatrice, comme l’eau elle revigore le corps, abreuve l’âme, la purifie, lui permet d’être le miroir que l’on souhaite resplendissant de l’âme juive.

[1] Sans doute l’œuvre de Rabbi Aaron Halévi de Barcelone (XIIIème siècle), élève de Rabbi Salomon ben Adreth (Rashba) et sans doute aussi de Nachmanide, qui comptabise et commente les mitswot au fur et à mesure de la Torah.

[2] N° 174.

[3] Lévitique XIV,9.

Rav Daniel Dahan, 2 Avril 2014

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