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LITTERATURE

  • Ecrire en yiddish : Isaac Bashevis Singer et la langue des fantômes (paru dans le HUFFINGTON POST , le 20 Février 2013)
    • Par Edith Ochs

« Les fantômes aiment le yiddish et, pour autant que je sache, ils le parlent tous. Je ne crois pas seulement aux démons et aux autres esprits, mais aussi à la résurrection. Je suis sûr qu’un jour, des millions de cadavres parlant yiddish se lèveront de leurs tombes, et la première question qu’ils poseront  sera : quel est le dernier livre paru en yiddish ? » déclara Isaac Bashevis Singer dans son discours de remise du prix Nobel de Littérature en 1978. Le Cahier de l’Herne foisonnant, dirigé par Florence Noiville, qui lui est consacré, rassemble une vingtaine d’auteurs et des documents passionnants[1]. Il s’accompagne de diverses manifestations culturelles au cours du printemps.

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  • Lettre de Victor Hugo au directeur des Archives israélites  à propos du drame Les Burgraves, où il est question d’un enfant qu’auraient enlevé les juifs pour l’égorger « dans leur sabbat ».

                                                                  Saint Mandé, 11 juin 1843

 

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Vous m’avez mal compris, monsieur, et je le regrette vivement car ce serait un grand chagrin pour moi d’avoir affligé un homme comme vous, plein de mérite, de savoir et de caractère. Le poète dramatique et historien et n’est pas plus maître de refaire l’histoire que l’humanité. Or le treizième siècle est une époque crépusculaire; il y a d’épaisses ténèbres, peu de lumières, des violences, des crimes, des superstitions sans nombre, beaucoup de barbarie partout .Les juifs étaient barbares, les chrétiens l’étaient aussi; les chrétiens étaient les oppresseurs, les juifs les opprimés; les juifs réagissaient. Que voulez vous, monsieur! C’est la loi de tout ressort comprimé et de tout peuple opprimé. Les juifs se vengeaient donc dans l’ombre; fable ou histoire la légende du petit enfant de Saint – Werner le prouve. Maintenant on en croyait  plus qu’il n’y en avait; la rumeur populaire grossissait les faits; la haine inventait et calomniait; ce qu’elle fait toujours; cela est possible, cela  même est certain, mais qu’y faire? Il faut bien peindre les époques ressemblantes; elles ont été superstitieuses, crédules, ignorantes, barbares, il faut suivre leur superstition, leur crédulité, leur ignorance, leur barbarie; le poète n’y peut mais, il se contente de dire : c’est le treizième siècle, et l’avis doit suffire.

Cela veut –il dire – grand Dieu! Qu’au temps où nous vivons les juifs égorgent et mangent les petits enfants ?  Eh monsieur, au temps où nous vivons, les juifs comme vous sont pleins de science, de lumière et les chrétiens comme moi sont pleins d’estime et de considération pour les juifs comme vous.

Amnistiez donc les Burgraves et permettez  moi de vous serrer la main.

                                                              Victor Hugo

                                         Œuvres complètes, tome XVIII, p. 116. 

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